
Formation médicale des guides « Kilimanjaro »
Interview de Dominique Jean
Dominique, tu collabores avec Terdav depuis très longtemps : tu peux te présenter en deux mots ?
A la base, je suis médecin spécialiste, entre autre, des maladies infectieuses et tropicales et de la médecine d’altitude et du froid. Passionnée par les voyages et la randonné, je suis aussi accompagnatrice en montagne (Himalaya, Amérique du Sud et Asie centrale) pour Terres d’Aventure, entreprise avec laquelle je collabore toujours pour la formation des guides. Cette double casquette est d’ailleurs un atout important car la randonnée en montagne n’est pas sans risque, tout particulièrement pour des altitudes pouvant atteindre les 6 000 mètres.
Tu peux nous en dire plus sur la formation des guides, notamment sur la dernière en date, celle des guides « Kili » ?
J’effectue des formations de guides de montagnes pour différents organismes dont Terres d’Aventure. Récemment, j’ai participé à la formation de 13 guides Terdav locaux, des cuisiniers et interprètes qui officient sur le Kilimandjaro. Ce travail est essentiel car le guide est garant de la sécurité des clients et de leur bonne santé. Il se doit de connaître les moyens de prévention, les conduites à tenir en cas de problème, les gestes d’urgence et ceux à ne pas faire, connaître le fonctionnement des caissons de recompression portable indispensables à toute ascension….
Quelles sont les précautions à prendre pour une ascension telle que le Kilimandjaro?
La problématique de l’ascension du Kilimandjaro est que l’on monte rapidement puisque l'on monte à 6 000 mètres en 5 jours. Dans ce contexte, il est indispensable que l'encadrement soit parfaitement formé. Cette formation a eu pour but d'aider les guides à repérer les effets physiologiques de l'altitude, avec une assistance de diagnostique pour prévenir tous les problèmes liés au mal des montagnes (mise en place, en collaboration avec Terres d’Aventure, d’un questionnaire d’auto évaluation).
Cette formation porte-t-elle aussi d’autres aspects médicaux ?
Bien entendu….Chaque formation intègre divers aspects médicaux auxquels tout guide doit être préparé. Les bases de secourisme sont ainsi redonnées : faire le bilan d’un accidenté, connaître les gestes d’urgence - arrêt d’une hémorragie, libération des voies aériennes, position latérale de sécurité. 1 journée de formation est consacrée à la traumatologie, entorses, luxations et autres fractures : comment les reconnaître, quels en sont les risques, les gestes d’urgence à faire et à ne pas faire ; et aux interventions sur des plaies : désinfection, utilisation des stéri-strips, points de suture…. Le contenu de la pharmacie Terdav est étudié avec minutie durant la formation pour que chaque guide soit le plus efficace possible en cas d’accident. Les pathologies liées au froid et aux variations thermiques sont aussi abordée, le tout se clôturant par des révisions, interrogations et remise d’un certificat attestant de cette formation.
Comment les guides « Kili » ont-ils abordé cette formation ?
Avec intérêt et assiduité ! J’ai été frappée de voir à quel point ces guides de montagne sont désireux d'apprendre. Je pense que ces guides, qui ne reçoivent pas la même formation que les guides de montagne occidentaux, sont davantage conscients du privilège du savoir, car il leur manque.
Un dernier mot sur le rôle du guide dans ce genre d’ascension ?
Oui... un guide doit bien être conscient que, dans de telles ascensions, la santé prime sur tout !!! Et notamment sur la tentation de certains voyageurs de vouloir « faire » le sommet coûte que coûte. C’est essentiel pour le bon déroulement et « la réussite » du voyage… et une priorité pour Terres d’Aventure.