Historique & interviews

Interviews

Lionel Habasque,
PDG de Terres d'Aventure

Lionel, en 2001 vous décidez de reprendre Terres d'Aventure, vous avez à ce moment-là 40 ans et une longue expérience dans d'autres domaines, qu'est-ce qui a motivé votre choix ?

Ce choix est la volonté d'une bande de 5 copains dont je fais partie (Alain Capestan, Frédéric Moulin, Jean-François Rial, Loic Minvielle du groupe Voyageurs du Monde) unis avant tout par la passion du voyage. Je travaillais avec mes copains depuis 25 ans dans d'autres domaines d'activité et tous ensemble nous avons décidé de rejoindre un métier qui nous passionnait et c'est pourquoi nous avons racheté en particulier Terres d'Aventure, le n°1 du trekking en France.

Précédemment, je travaillais sur les marchés financiers comme gérant de fonds puis comme dirigeant d'une entreprise d'information financière. Nous avons choisi Terres d'Aventure parce qu'à cette époque l'entreprise était à vendre, ce qui n'était pas le cas des autres marques, et surtout parce que Terdav était leader (et l'est toujours !) et conserve une très forte image sur le marché de l'aventure en France, avec un potentiel de développement important. Au moment de mon intégration dans l'entreprise, j'ai décidé de partir de manière très neutre sur un voyage Terdav. J'ai donc réalisé une méharée de 15 jours dans le Sud algérien avec un groupe, afin de tester très concrètement les voyages proposés. Cette expérience n'a fait que confirmer mon désir de rejoindre Terdav.

Terres d'Aventure s'est beaucoup développée ces 10 dernières années, quelles ont été les grandes étapes ?

Ces dix dernières années ont été riches en création de concepts de nouveaux voyages. Il y a d'abord eu les voyages en famille qui ont su trouver leur public très vite et séduisent aujourd'hui près de 20% de nos clients. Puis sont nés les voyages en individuel avec la brochure Rando-Liberté lancée en 2003. Enfin, les Rando-Lodge lancés en 2008 connaissent un beau succès qui font écho à une envie de voyage sur-mesure et individualisé. Nous avons également renforcé un secteur historique de Terres d'Aventure : la Haute Montagne. Avec la création d'une brochure annuelle et la mise en place d'un site internet consacré à cette activité, nous avons inauguré il y a 3 ans notre camp de base à Chamonix. Une équipe dédiée sur place, composée de guides de haute montagne, se charge d'accueillir nos clients. Par ailleurs, Terdav est engagée depuis sa création dans une démarche de tourisme responsable. C'est une ligne de conduite forte pour toutes nos équipes. Nous avons intégré l'association ATT (Association des Tour-opérateurs Thématiques), un cercle de réflexion dont les membres qui partagent des valeurs communes doivent s'engager à obtenir la certification ATR (Agir pour un Tourisme Responsable). Nous avons obtenu cette certification qui nous a permis notamment de quantifier nos actions très précisément. Cette démarche est aujourd'hui totalement intégrée par nos équipes et communiquée de manière régulière à l'ensemble de nos clients. Dans le prolongement de cette certification, nous sommes allés encore plus loin et avons créé notre Fondation "Insolites Bâtisseurs". Nous sommes ainsi le seul tour-opérateur à avoir créé sa fondation. Elle nous permet de gérer nos propres projets de reforestation. En effet, lorsque nos clients s'inscrivent sur nos voyages, nous compensons environ et systématiquement 20% de leurs émissions carbone en prélevant ces sommes sur nos marges qui sont ensuite reversées à notre fondation.

Terres d'Aventure fête ses 40 ans en 2016, quels sont ses grands projets à venir ?

Nous allons développer des voyages exceptionnels avec une traversée de l'Amérique du Sud à la recherche de la Grande Route Inca et une traversée de l'Himalaya népalais à pied bien sûr ! Ces traversées dureront plusieurs mois en 2016. Nous allons proposer également à nos clients une expédition au sommet de l'Everest en 2012. Nous souhaitons en même temps poursuivre notre développement, notamment à l'étranger, en nous implantant dans les principaux pays européens sur les dix prochaines années. Nous allons aussi fêter nos 40 ans avec tous les salariés dans un endroit… qui restera secret jusqu'à la date du départ ! Et, bien sûr, nous continuons nos projets de reforestation avec ferveur. Après avoir contribué à celle du Siné Saloum, en Casamance au Sénégal, c'est au Brésil et dès 2016 que nous allons participer à la reforestation d'une forêt primaire proche de Rio qui permettra à des paysans installés sur ces terres de pouvoir y rester à vie, en contrepartie de leur participation au projet.

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Alain Gaimard,
guide de haute montagne de 1978 à 1988 pour Terres d'Aventure

Alain, comment avez-vous rencontré Terres d'Aventure ?

En 1975, j'avais 25 ans, Hervé Derain m'a contacté et demandé de réfléchir à un programme en montagne pour l'été 1976. Nous avons monté avec un autre copain, un premier trekking de 15 jours sur la cordillère de Huayhuash, dont le point culminant est le Yérupaja (2ème sommet du Pérou). A l'époque, personne n'organisait de trekking dans cette région. Après le passage des premiers clients Terres d'Aventure, le tourisme s'est organisé dans cette région en plus de l'activité agricole. Puis, Hervé m'a proposé d'organiser un trekking en Himalaya sur le col du Tashi Lapsa au mois d'octobre 1976. En arrivant à Katmandou fin septembre pour le préparer, les vallées de l'Everest étaient complètement inondées en raison d'une mousson tardive. Impossible de faire ce trekking et les clients me rejoignaient quelques jours plus tard… Lorsqu'ils sont arrivés je leur ai annoncé que je déplaçais le trekking vers le massif du Langtang avec l'ascension du Yala Peak ! Les clients étaient contents, ils vivaient ces expériences comme des pionniers, ils étaient heureux d'être les premiers à vivre ces aventures, quelques-uns d'entre eux étaient déjà de la partie au Pérou et avaient vécu un trekking extraordinaire.

À cette époque, Terdav était tournée vers le Hoggar, avec ces trekkings ambitieux, elle est rentrée dans le milieu de la haute montagne par la grande porte.

Pourquoi avez-vous accepté de travailler pour Terdav ?

On était des enfants de mai 68, on aimait les gens ouverts, passionnés. Ma rencontre avec Hervé Derain collait parfaitement à cela. Lorsque je suis descendu de mes montagnes de Bourg St Maurice pour venir à Paris, il m'a fait découvrir la culture citadine alors que je n'y étais pas vraiment sensible. J'ai rencontré des personnes passionnantes, découvert la musique, les expos, les sorties. J'ai été séduit à la fois par la personnalité de Daniel Popp et Hervé Derain et par leur projet.

Votre aventure avec Terdav a duré combien de temps ?

10 ans. Après l'ascension au Népal, j'ai eu la responsabilité de développer tous les voyages montagne. Je voyageais 5 mois par an pour Terdav. Ensuite, j'ai quitté Terdav mais j'en suis toujours resté proche. Notamment quand j'ai pris en charge l'organisation du Raid Gauloises, Terdav a été notre conseiller technique ! Terres d'Aventure reste pour moi une entreprise riche et très intéressante.

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Hervé Derain,
co-fondateur avec Daniel Popp de Terres d'Aventure nous raconte les premiers pas de leur aventure.

En 1976 Daniel Popp (Dany) et toi décidez de créer Terres d'Aventure. Vous avez 25 ans et peu d'argent en poche. Quelles étaient vos motivations ?

À l’époque on avait déjà pas mal bourlingué l’un et l’autre.

L’acte fondateur pour ma part avait été "la route"… la route mythique Paris-Katmandou… je l’avais parcourue en 4 mois en 1972 dans ma vieille 2 CV , avec une de mes sœurs et son ami; ce fut  un énorme choc. Il fallait traverser de nombreux pays : Italie, Yougoslavie, Grèce, Turquie, Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde, Népal… c’était magnifique… un voyage qu’on ne pourrait plus faire aujourd’hui hélas... c’est à cette époque que j’ai contracté le virus du voyage.

Dany avait bourlingué en Afrique sur les traces de son grand-père qui était médecin colonial à Tombouctou. Avant de nous lancer dans l’aventure Terdav et sans se connaître, on organisait l’un et l’autre des voyages dans le Sahara et en Afrique pour des associations de tourisme. Je travaillais chez Jeunes Sans Frontières où j’étais chargé du département saharien. On sentait  déjà les premiers signes d’engouement pour le tourisme saharien ; je me suis installé à Tamanrasset pendant an, j’ai reconnu et créé des voyages et suis devenu rapidement accompagnateur-guide saharien en m’appuyant sur une petite équipe touarègue locale. Tam était une bourgade minuscule à cette époque ; Nous faisions des grandes traversées du ténéré  en Land Rover. En vivant avec les Touaregs j’ai découvert la méharée que j’ai proposé à Jeunes Sans Frontières. Dany à cette époque faisait à peu près la  même chose chez E.r.i.c. Expédition, petite association proposant de grandes traversées de l’Afrique en camions 4X4. Ce type de voyages motorisés, c’était pas son truc, il se passionnait pour la méharée.

Pendant cette période saharienne j’avais rencontré Jean-Marc Durou, photographe-accompagnateur qui est devenu un bon copain parce qu’on se retrouvait souvent aux mêmes périodes dans le Sahara avec nos groupes . Il est passé me voir avec Daniel à JSF un jour où j’étais sur Paris et nous a présentés. On a discuté et en comparant  nos expériences réciproques on s’est rendu compte qu’on avait pas mal de choses en commun, notamment l’envie de sortir du cadre du tourisme organisé de l’époque. Et aussi bien sûr la passion du voyage chevillée au corps et on cherchait une piste pour continuer à voyager en travaillant et gagner notre vie si possible. On a donné notre démission en même temps, on a planché quelques mois sur un business plan et on a créé Terres d’Aventure au printemps 1976. Forts de notre expérience de guides sahariens, nous savions qu’il y avait un début d’intérêt dans le public pour le voyage à pied. Notre ambition avant tout était de faire partager une certaine idée du voyage. On a trouvé une boutique rue Saint-Victor dans le 5ème arrondissement. Après quelques pages de publicité dans le journal Le Monde, on a reçu très rapidement des centaines de demandes, ça a marché tout de suite. Nous avons conçu nos  premiers voyages en Turquie, en Thailande, au Niger, en Afghanistan. Notre premier slogan était "le voyage sportif" ; on proposait des voyages en pirogue, à chameaux, à pied, mais très vite on a senti que c’était la marche qui plaisait le plus parce que plus simple, plus naturelle et accessible à tous. On est donc allé tout naturellement dans cette direction et le voyage à pied est devenu notre signature deux ans plus tard. Terres d’Aventure était bel et bien lancée ; tout était à faire, nous avions plein de projets et d’envies, le voyage était alors le socle de notre existence.

Quels ont été les temps forts de ces 20 ans d'aventure de 1976 à 1996 ?

La création bien sûr, on avait 25 ans c’était un moment très important et ensuite il n’y a eu… que des temps forts !

La création de l’équipe a été un grand moment, un moment magique et ce moment a duré des années ! Autour de Terdav se sont agrégées de multiples et riches énergies qui sont venues naturellement ajouter leur pierre à l’édifice, dont certain(e)s comme Chantale Mortier, Joel Lecoz, Nancy Schwob, Alain Meublat ou Michèle Prioul sont toujours présent(e)s aujourd'hui. Cela s’est quasiment fait tout seul : c'est-à-dire spontanément. De nombreux accompagnateurs,  guides de moyenne ou de haute montagne, prestataires, chefs de produits, techniciens, secrétaires, comptables etc, nous ont proposé leurs services, ils se reconnaissaient dans cet esprit un peu particulier que représentait Terdav dans le monde du tourisme. Leur apport a Terdav a été considérable. On s’amusait bien mais en même temps on travaillait beaucoup… !

L’exploration du Sahara d’un point de vue production et médiatisation a été également un temps fort. Nous avons inventé "l’Expérience Saharienne", un concept de voyage complètement nouveau et "décoiffant" ! On se faisait déposer avec des clients à 400 km au sud de Tamanrasset dans le Tassili du Hoggar que l’on connaissait bien déjà à l’époque. On renvoyait les véhicules, on n’avait  que notre boussole, de l’eau  et un peu de nourriture que l’on avait déposé sur quelques points de notre parcours. On partait seuls pendant 15 jours, sans radio en plein cœur du Sahara, sans personne, sans téléphone, sans GPS. Les journalistes et les clients ont adoré le voyage et le frisson qu’il procurait.

On avait des parcours assez extraordinaires. On a continué à explorer le Sahara pendant 20 ans…

L’introduction du ski de fond en France d’abord puis à Terdav ensuite en 1978 par Bernard Gentil est une autre étape importante de Terdav. On a été très vite séduit par l’homme qui est devenu très vite un ami. Lorsqu’on l’a rencontré il rentrait de Laponie où il avait découvert le ski de fond. Sous son impulsion nous avons lancé notre propre centre de ski de fond dans le Queyras, le chalet de Fongillarde, avec son fils Alain Gentil, Jean Garnaud et Christian Cavaillé, des piliers du Terdav à ski de cette époque.

Puis nous nous sommes intéressés à la haute montagne pour donner à Terdav une crédibilité plus grande vis-à-vis des "montagnards". On était sollicités par des clients qui voulaient plus que de la randonnée. La rencontre avec le guide de Haute-Montagne Alain Gaimard a été évidente et déterminante. Il a tout de suite adoré l’idée de concevoir des trekkings engagés pour nous et de partir découvrir l’himalaya. Alain est un type génial et un organisateur hors pair, il nous a beaucoup aidé. Par la suite il nous présenta d’autres guides, comme Philippe Bonano qui a proposé les premiers stages d’initiation à la haute montagne. Puis peu à peu une véritable équipe de guides de haute montagne "Terdav" se constitua sous la houlette de Jean-Pierre Rigal : partis de simples sommets de treks à 5000m au début des années 80, nous avons permis à 3 clients de gravir l’Everest en 1992 avec les guides Michel Pellé et Philippe Grenier ; une belle progression !

Puis ce furent les "grandes traversées" avec Jacques Lanzmann, Xavier Fargeas, Michel Drapier et moi-même, qui installèrent définitivement Terdav dans le paysage de l’aventure en France, car elles furent très médiatisées. Il y eut d’abord la traversée "Lhassa-Katmandou à pied" en 1985 à l’ouverture du Tibet, puis la traversée à pied du désert du Taklamakan en Chine deux ans plus tard.

Enfin, la création de la collection Terres d’Aventure chez Actes Sud, avec 60 ouvrages publiés, a offert à Terdav un vrai versant culturel.

L’un de ces livres a d’ailleurs fait découvrir Théodore Monod au grand public !

Aujourd'hui, 40 ans plus tard, l'histoire continue et Terdav reste leader du voyage à pied, qu'est-ce que cela t'évoque ?

Je suis super content que terdav non seulement existe toujours, mais reste le leader 40 ans après sa création. Ça veut dire que l’idée était juste, les fondations hyper solides, et que les gens qui nous ont succédé ont fait eux aussi un super boulot.

On ne savait pas en démarrant que l’on était sur une tendance de société aussi fondamentale . Terdav s’est  toujours  inscrite naturellement dans  une démarche "verte"  ; aujourd’hui elle y reste profondément ancrée avec la certification ATR mais aussi toutes les actions menées en matière de tourisme responsable.

Je finirais par les bienfaits du voyage à pied : Bernard Gentil écrivait à ce sujet en 1976 dans l’édito de la première brochure : "  … on prendra en vacances des habitudes que l’on essayera de garder dans la vie de tous les jours". Le voyage à pied peut en effet avoir d’heureuses répercussions sur notre vie de tous les jours, tout simplement en nous incitant à retrouver un mode de vie plus naturel, plus simple, plus vrai...
Je souhaite une longue et heureuse vie à Terres d’aventure.

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Daniel Popp,
co-fondateur avec Hervé Derain de Terres d'Aventure

Comment définirais-tu le mot aventure ? Le sens que ce mot avait pour toi, il y a 40 ans, est-il le même aujourd'hui ? Y-a-t-il un lien entre marche et aventure ?

Pour moi, l'aventure est une ouverture sur le monde, sur les autres, et au final sur soi-même : une ouverture sur l'inconnu. Hervé et moi partagions la même quête d'identité, de sens, d'unité, de réponse vivante, organique à un questionnement assez précoce sur le monde qui nous entourait, avec un intérêt passionné pour l'espace, le silence, la beauté des grands espaces restés sauvages : le désert, la montagne, la forêt, toutes ces terres d'aventure à l'écart du monde moderne, qui abritent d'autres peuples, d'autres cultures, d'autres points de vues. Comme si la réponse tant recherchée, pouvait se révéler au sein de l'altérité, au sein des différences les plus radicales dont le contact, l'expérience, peuvent nous faire changer de peau, le temps d'un voyage. Je voyageais depuis cinq ans au Sahara (1971) qui, pour moi, à l'origine, a été le berceau de Terdav et l'espace de révélation de l'évidence de la marche.

Je voyageais en 4X4 ou le plus souvent à dos de chameau, j'avais l'impression d'être en face d'un magnifique tableau, mais mon désir était d'enjamber le cadre du tableau pour me retrouver au sein même de l'oeuvre, pour faire corps avec le tableau ! La marche est devenue la voie royale, l'accélérateur pour entrer dans le tableau et sentir en moi-même le tableau devenir vivant au fil des jours et des années. Tu peux transposer cet exemple à tous les voyages de Terdav. Enjamber le cadre symbolise le choix du voyageur de ne plus être voyeur passif de son voyage et d'être acteur de son déplacement et de sa découverte grâce à la marche. Pour le pur plaisir de découvrir le monde au rythme de nos pas, pour la joie de mobiliser le temps d'un voyage, notre corps souvent oublié. Dans le fond, rien n'a changé. A pied, le réveil de tous tes sens affine ta perception du monde, le bien-être qui s'installe favorise une disponibilité totale. On découvre une intimité nouvelle avec soi-même et ce qui nous entoure. Tu es alors ouvert à tout ce qu'il y a à ressentir, prêt à t'étonner d'un détail, t'émerveiller de la beauté sous toutes ses formes. Comme partager un silence, accueillir l'inattendu, goûter en esthète la simplicité retrouvée. Je crois vraiment que dans cet esprit, le voyage à pied est aujourd'hui, plus que jamais, un art de vivre ses vacances, où chaque marcheur peut ressentir en toute liberté, en fonction du périple choisi, les dimensions physique, esthétique, culturelle, philosophique, et pourquoi pas spirituelle, d'une démarche qui est un humanisme. Dans le fond, cette aventure-ouverture repose sur l'équilibre de deux compétences : celle de l'organisateur, à la fois tribu et laboratoire, qui imagine, conçoit, met en scène, encadre, communique, pose le cadre à partir duquel tout devient possible ; celle du voyageur, la plus essentielle, qui peut librement s'étonner, s'émouvoir, s'émerveiller de sentir en lui-même, à son tour, le tableau prendre corps, devenir vivant et sait-on jamais, le révéler à lui-même. Pour en revenir à tes questions, pour moi, l'aventure essentielle, quête d'une vie entière, est l'apprentissage de la non séparation, et la marche, l'accélérateur magique de l'actualisation de ce pressentiment. Le ciel peut s'ouvrir sous chacun de nos pas, tu sais !

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