La petite histoire d'une grande Aventure

Lionel Habasque,
PDG de Terres d'Aventure


Lionel, en 2001 vous décidez de reprendre Terres d'Aventure, vous avez à ce moment-là 40 ans et une longue expérience dans d'autres domaines, qu'est-ce qui a motivé votre choix ?


Ce choix est la volonté d'une bande de 5 copains dont je fais partie (Alain Capestan, Frédéric Moulin, Jean-François Rial, Loic Minvielle du groupe Voyageurs du Monde) unis avant tout par la passion du voyage. Je travaillais avec mes copains depuis 25 ans dans d'autres domaines d'activité et tous ensemble nous avons décidé de rejoindre un métier qui nous passionnait et c'est pourquoi nous avons racheté en particulier Terres d'Aventure, le n°1 du trekking en France.
Précédemment, je travaillais sur les marchés financiers comme gérant de fonds puis comme dirigeant d'une entreprise d'information financière. Nous avons choisi Terres d'Aventure parce qu'à cette époque l'entreprise était à vendre, ce qui n'était pas le cas des autres marques, et surtout parce que Terdav était leader (et l'est toujours !) et conserve une très forte image sur le marché de l'aventure en France, avec un potentiel de développement important. Au moment de mon intégration dans l'entreprise, j'ai décidé de partir de manière très neutre sur un voyage Terdav. J'ai donc réalisé une méharée de 15 jours dans le Sud algérien avec un groupe, afin de tester très concrètement les voyages proposés. Cette expérience n'a fait que confirmer mon désir de rejoindre Terdav.

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Alain Gaimard,
guide de haute montagne de 1978 à 1988 pour Terres d'Aventure


Alain, comment avez-vous rencontré Terres d'Aventure ?

En 1975, j'avais 25 ans, Hervé Derain m'a contacté et demandé de réfléchir à un programme en montagne pour l'été 1976. Nous avons monté avec un autre copain, un premier trekking de 15 jours sur la cordillère de Huayhuash, dont le point culminant est le Yérupaja (2ème sommet du Pérou). A l'époque, personne n'organisait de trekking dans cette région. Après le passage des premiers clients Terres d'Aventure, le tourisme s'est organisé dans cette région en plus de l'activité agricole. Puis, Hervé m'a proposé d'organiser un trekking en Himalaya sur le col du Tashi Lapsa au mois d'octobre 1976. En arrivant à Katmandou fin septembre pour le préparer, les vallées de l'Everest étaient complètement inondées en raison d'une mousson tardive. Impossible de faire ce trekking et les clients me rejoignaient quelques jours plus tard… Lorsqu'ils sont arrivés je leur ai annoncé que je déplaçais le trekking vers le massif du Langtang avec l'ascension du Yala Peak ! Les clients étaient contents, ils vivaient ces expériences comme des pionniers, ils étaient heureux d'être les premiers à vivre ces aventures, quelques-uns d'entre eux étaient déjà de la partie au Pérou et avaient vécu un trekking extraordinaire.
A cette époque, Terdav était tournée vers le Hoggar, avec ces trekkings ambitieux, elle est rentrée dans le milieu de la haute montagne par la grande porte.

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Hervé Derain,
co-fondateur avec Daniel Popp de Terres d'Aventure nous raconte les premiers pas de leur aventure.


En 1976 Daniel Popp (Dany) et toi décidez de créer Terres d'Aventure. Vous avez 25 ans et peu d'argent en poche. Quelles étaient vos motivations ?

A l’époque on avait déjà pas mal bourlingué l’un et l’autre.
L’acte fondateur pour ma part avait été "la route"… la route mythique Paris-Katmandou… je l’avais parcourue en 4 mois en 1972 dans ma vieille 2 CV , avec une de mes sœurs et son ami; ce fut  un énorme choc. Il fallait traverser de nombreux pays : Italie, Yougoslavie, Grèce, Turquie, Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde, Népal… c’était magnifique… un voyage qu’on ne pourrait plus faire aujourd’hui hélas... c’est à cette époque que j’ai contracté le virus du voyage.
Dany avait bourlingué en Afrique sur les traces de son grand-père qui était médecin colonial à Tombouctou. Avant de nous lancer dans l’aventure Terdav et sans se connaître, on organisait l’un et l’autre des voyages dans le Sahara et en Afrique pour des associations de tourisme. Je travaillais chez Jeunes Sans Frontières où j’étais chargé du département saharien. On sentait  déjà les premiers signes d’engouement pour le tourisme saharien ; je me suis installé à Tamanrasset pendant an, j’ai reconnu et créé des voyages et suis devenu rapidement accompagnateur-guide saharien en m’appuyant sur une petite équipe touarègue locale. Tam était une bourgade minuscule à cette époque ; Nous faisions des grandes traversées du ténéré  en Land Rover. En vivant avec les Touaregs j’ai découvert la méharée que j’ai proposé à Jeunes Sans Frontières. Dany à cette époque faisait à peu près la  même chose chez E.r.i.c. Expédition, petite association proposant de grandes traversées de l’Afrique en camions 4X4. Ce type de voyages motorisés, c’était pas son truc, il se passionnait pour la méharée.

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Daniel Popp,
co-fondateur avec Hervé Derain de Terres d'Aventure


Comment définirais-tu le mot aventure ? Le sens que ce mot avait pour toi, il y a 40 ans, est-il le même aujourd'hui ? Y a-t-il un lien entre marche et aventure ?

Pour moi, l'aventure est une ouverture sur le monde, sur les autres, et au final sur soi-même : une ouverture sur l'inconnu. Hervé et moi partagions la même quête d'identité, de sens, d'unité, de réponse vivante, organique à un questionnement assez précoce sur le monde qui nous entourait, avec un intérêt passionné pour l'espace, le silence, la beauté des grands espaces restés sauvages : le désert, la montagne, la forêt, toutes ces terres d'aventure à l'écart du monde moderne, qui abritent d'autres peuples, d'autres cultures, d'autres points de vues. Comme si la réponse tant recherchée, pouvait se révéler au sein de l'altérité, au sein des différences les plus radicales dont le contact, l'expérience, peuvent nous faire changer de peau, le temps d'un voyage. Je voyageais depuis cinq ans au Sahara (1971) qui, pour moi, à l'origine, a été le berceau de Terdav et l'espace de révélation de l'évidence de la marche.

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