40 ANS DE VOYAGE A PIED

Et vous, pourquoi marchez-vous ?

TÉMOIGNAGES

Dominique Tournut Tawfik Dominique Tournut Tawfik

Dominique Tournut Tawfik

Interprète

De la marche au cheminement

Marcher. Cheminer. Arpenter à loisir montagnes et vallons, prairies et forêts, villes et campagnes. D'aucuns marchent pour se surpasser, d'autres pour découvrir le monde, d'autres encore pour renouer avec la nature. Quant à moi, la marche est un cheminement à la fois physique et spirituel, un parcours qui m'emmène plus que je ne le dirige. Que ce soit dans la lueur mordorée de l'automne ou dans la blancheur immaculée de l'hiver, marcher est un émerveillement de tous les instants. L'esprit libre, les sens aux aguets, je distingue chaque brindille qui craque, chaque goutte d'eau qui tombe. Sur la neige apparaissent des arabesques : là, c'est un mulot qui a tracé une ligne minuscule, ici, c'est le renard qui a traversé la combe en quête de quelque provende. Parfois, de leurs grandes ailes, des oiseaux balaient la neige et ne laissent que les traces de leurs rémiges. Un simple rocher surmonté de quelques genévriers devient un jardin japonais. Le murmure d'un ruisseau naissant rivalise avec les plus grandes orgues. Pour qui sait écouter, pour qui sait regarder, la nature est sans cesse changeante, et le même sentier raconte chaque jour une histoire différente. Non pas que je dédaigne les grands parcours, bien au contraire, j'aime les solitudes qu'offrent les randonnées au long cours et la haute montagne. Là-haut, dans cet univers minéral, je me sens plus proche à la fois des hommes et des dieux. Mais ce qui m'impressionne plus que tout, c'est de constater que l'infini se cache dans l'infime. Embrasser à la fois l'infime et l'infini, c'est peut-être cela le sens de la marche.

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