A savoir avant de partir

Santé


Nous vous conseillons d'être à jour dans vos vaccinations, notamment pour le DTPolio. N'hésitez pas à consultez l'institut Pasteur au 01 45 68 80 99 ou sur le site http://www.pasteur.fr/sante/ pour connaître les vaccinations conseillées ou obligatoires et pour tout traitement antipaludéen.

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SOMMAIRE

1/ PROLOGUE AU VOYAGE
Bref récapitulatif sur le tourisme et la médecine des voyages

2/ AVANT VOTRE DEPART
Pensez à souscrire un contrat d’assistance et d’assurance
Un petit tour chez le médecin
Quelles vaccinations faire ?
Bien préparer sa trousse à pharmacie

3/ PENDANT LE VOL
Peur de l’avion, pressurisation, décalage horaire…

4/ PENDANT VOTRE SEJOUR
Quelles précautions prendre…
La diarrhée du voyageur
Le paludisme ou malaria
Les maladies sexuellement transmissibles
Les autre risques environnementaux et comportementaux

5/ LA FEMME ENCEINTE, L'ENFANT ET LE SENIOR EN VOYAGE
La femme enceinte
L’enfant
Le sénior

6/ À VOTRE RETOUR
Prolongation de traitements et autres conseils post-voyage.

7/ EPILOGUE AU VOYAGE

8/ D'AUTRES QUESTIONS


1/ PROLOGUE AU VOYAGE


Jusqu'à la fin du XIXe siècle (qui a vu naître ce qu’on a appelé le tourisme), les voyageurs revenaient malades (ou ne revenaient pas) de leurs lointaines expéditions. À la fin du XXe siècle est née la médecine des voyages. C’est une médecine d’information, donc de prévention, qui va instruire le voyageur, a priori (mais pas toujours) en bonne santé, du caractère rare, possible ou fréquent des risques pour sa santé, en fonction de sa destination, de son itinéraire, mais aussi en fonction de la saison, de la durée et de la difficulté du voyage.

Nous sommes au XXIe siècle et, facile ou difficile, l’immense majorité des voyages se passe bien. Notre but est qu’ils se passent mieux encore.

L’évolution de la société (civilisation de loisirs, allongement de la durée de vie et surtout de la durée de retraite active, baisse du prix des transports aériens, omniprésence des informations touristiques sur les medias écrits, audio-visuels et informatiques, amélioration des structures d’accueil dans des pays où elles étaient ou médiocres ou élitistes) entraîne une augmentation régulière du nombre des voyageurs (environ 8 millions de Français voyagent chaque année à l’étranger).

Les jeunes voyagent de plus en plus tôt, les seniors de plus en plus tard. Vous serez donc de plus en plus nombreux, confrontés à des risques sanitaires différents de ceux de votre propre pays.

Seront concernés ici des voyages, essentiellement touristiques, éventuellement professionnels s’effectuant dans le sens “nord-sud”, pris dans son sens économique.

Nous n’aborderons pas les problèmes rencontrés lors des déplacements “sud-nord”, préoccupants mais fondamentalement différents.

Quant aux risques que vous pourriez rencontrer au cours de voyages entre pays du ”Nord”, nous n’en parlerons pas, même s’il est évident qu’ils peuvent être les mêmes que lors de voyages plus "exotiques" : les risques de la plongée sous-marine sont les mêmes sur la Côte d’Azur qu'à Madagascar, ceux de la haute montagne que vous tentiez l’ascension du Mont-blanc ou celle du Kilimandjaro. Un facteur capital doit être de plus en plus fréquemment pris en compte dans le choix d’une destination : c’est le contexte géopolitique local. Le ministère des Affaires étrangères tient à jour, sur son site Internet (www.france.diplomatie.gouv.fr), la liste des pays (ou des régions) où les situations politique, mais aussi climatique (tremblement de terre, inondations..) ou sanitaire (épidémies) pourraient, au maximum, contre-indiquer un voyage, à court ou moyen terme et, dans tous les cas informer sur la réalité d’un risque.

Montesquieu a écrit qu’en voyageant, on “sort du cercle des préjugés de son pays”. Il ne faudrait pas, par crainte ou par méconnaissance s’enfermer dans le cercle d’autres préjugés en imaginant le risque, plus, ou au contraire, moins important qu'il n'est.

2/ AVANT VOTRE DEPART


a/ Pensez à souscrire un contrat d’assistance et d’assurance

Quelle que soit sa destination, le voyageur aura souscrit un contrat d’assistance et d’assurance, dont il aura vérifié scrupuleusement les clauses d’exclusion et le montant des frais remboursables en tenant compte du prix des frais pharmaceutiques mais surtout médicochirurgicaux dans le pays visité. Les références (téléphone de la compagnie, n° du contrat) devront être facilement accessibles.


b/ Un petit tour chez le médecin

Une consultation médicale peut être faite par un médecin généraliste ou par le spécialiste d'un centre de vaccinations internationales. C'est au cours de cette consultation que sera décidée l'opportunité des vaccinations et des prescriptions nécessaires. Les informations et conseils que nous allons donner ne doivent, en aucun cas, la remplacer.


c/ Quelles vaccinations faire ?

Le calendrier vaccinal doit tenir compte de l’obligation administrative qui protège autant le pays hôte que le voyageur du risque réellement encouru.
Le carnet international (où doivent être portées toutes les vaccinations, même non obligatoires) permet de savoir si le voyageur est protégé pour le voyage projeté et lui évitera des rappels inutiles. Les vaccins coûtent cher, et pour la majorité d’entre eux ne bénéficient d’aucun remboursement des organismes sociaux. Subir les vaccinations nécessaires sera donc, d’autant plus “douloureux” (dans tous les sens du terme) que seront nombreuses les injections, si les rappels n’ont pas été faits à temps.

En dehors d'épidémies locales, et si on excepte le cas particulier, pour les pèlerin à La Mecque, de l'obligation de la vaccination anti-méningococcique (Menveo) à faire dans un centre agréé, la seule vaccination administrativement exigible est la vaccination contre la fièvre jaune (Stamaril) à l'arrivée dans la majorité des pays des régions intertropicales d'Afrique et d'Amérique du Sud (contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire la fièvre jaune est absente du continent asiatique !).
Elle peut être exigée aux frontières de pays indemnes pour les voyageurs en provenance de pays infectés. Même non obligatoire, elle doit être conseillée dans certains pays ou certaines régions où le risque est présent, voire en extension, et où elle n'est cependant pas exigée (Afrique de l'Est, Afrique Australe, Amazonie).
Cette recommandation doit être tempérée pour les voyageurs seniors, chez qui une primo vaccination pourrait avoir des effets secondaires.
Elle doit être faite au moins 10 jours avant le départ dans un centre de vaccinations internationales.
Depuis le 11 juillet 2016, la validité, précédemment de 10 ans, a été prolongée à vie. Les revaccinations, pour raison d'efficacité, (mais pas de légalité), peuvent être proposées en cas d'exposition importante au risque de fièvre jaune, aux enfants vaccinés avant 2 ans, aux femmes vaccinées pendant leur grossesse ou dans des cas de déficit immunitaire.

• Vaccinations recommandées

Si elle n’a pas été faite récemment, une vérification de l’efficacité d’un BCG ancien pourra être recommandée, surtout pour les enfants. Dans tous les cas, sont conseillées (et indispensables) les vaccinations (ou leurs rappels) contre :

■ Le tétanos.
■ La poliomyélite.
■ La diphtérie, dont de récentes épidémies réactualisent la nécessité.
■ La coqueluche et la rougeole (dont la réapparition chez les adultes, même en France justifie la vaccination pour tout voyage)

Il est souhaitable d’être vacciné, (ou immunisé, ce qui peut être vérifié par une recherche d’anticorps protecteurs) :

■ Contre l’hépatite A (transmission alimentaire). Bien que la maladie soit bénigne et immunisante chez le jeune enfant, on peut proposer la vaccination à partir de 1 an pour éviter, surtout en cas de formes muettes, le risque, au retour de voyage, de contamination en collectivités d'enfants (famille, crèche, école)
■ Contre l’hépatite B (transmission sexuelle ou sanguine). Son opportunité mais surtout son innocuité ont été remises en question par la publication, en septembre 2004, par une équipe anglo-saxonne (dont la méthode peut être contestée), d’une augmentation significative du risque de poussée de sclérose en plaques chez les personnes vaccinées. Ce qui va à l’encontre des résultats des études françaises. Qui se trompe ? L’enjeu est suffisamment grave (même si le risque est statistiquement minime), pour ne conseiller la vaccination, dans l’état actuel de nos connaissances, qu’aux petits enfants (pour lesquels le risque n’existe pas) et aux groupes à risque (personnels de santé, hémodialysés, usagers de drogues injectables et voyageurs à pratiques sexuelles non protégées).
Sur un plan pratique :
- Ou bien la personne a déjà subi une vaccination et une recherche positive d’anticorps protecteurs la rassurera.
- Ou bien elle n’a jamais subi cette vaccination (ou depuis si longtemps qu’elle n’est plus protégée) et elle devra se souvenir que les seuls modes de contamination sont sanguins et sexuels.

L’opportunité d’autres vaccinations sera évaluée en fonction du risque lié au voyageur lui-même (âge, grossesse, maladies évolutives ou traitements) mais aussi de la durée et des conditions du voyage (brousse, ville, confort, saison).

On pourra ainsi conseiller, surtout pour des séjours prolongés et aventureux :

■ Le vaccin anti-typhique (contre la fièvre typhoïde). - Le vaccin antirabique (contre la rage), en particulier aux enfants, ou lors d'activités exposées (spéléologie), en sachant que son efficacité préventive est relative et ne dispense pas du traitement après une morsure suspecte.
■ Le vaccin anti-méningococcique en période épidémique (saison sèche de la ceinture intertropicale d’Afrique sub-saharienne, du Sous-continent indien) ; au classique vaccin A+C on préfèrera le vaccin tetravalent A/C/Y/W135 (Menveo ou Nimenrix)
■ La vaccination contre l'encéphalite japonaise, maladie virale grave transmise par piqûres de moustiques, qui peut sévir dans le sous-continent indien,le sud-est asiatique, le Japon, l'Indonésie, la Papouasie-Nouvelle Guinée et le nord de l'Australie, est d'abord recommandée à toutes les personnes de plus de 18 ans expatriées dans des pays où circule le virus. Mais sont aussi concernés tous ceux qui doivent avoir une activité extérieure, en période de transmission du virus, notamment pendant la mousson, en zone de rizières ou de marécages. La vaccination faite par le médecin d'un centre agréé, en 2 injections espacées de 28 jours, sera donc conseillée aux randonneurs dans les régions de circulation du virus.
■ Contre l’encéphalite à tiques, en Europe Centrale, en zone rurale, en été.
■ On peut discuter de l'opportunité d'une vaccination contre la grippe saisonnière en période épidémique pour les personnes à risque en se rappelant que les épidémies de l'hémisphère sud surviennent pendant l'hiver australe (notre été)

Les vaccins contre la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise et le vaccin anti-méningococcique (concernant les pèlerins vers La Mecque) ne peuvent être effectués que dans les centres de vaccinations agréés, présents dans chaque département.

Les vaccinations immunisent efficacement pour des durées variables, mais suffisamment longues, pour ne pas infliger au voyageur un calendrier d’injections trop chargé, si les rappels des vaccinations habituelles ont été faits à temps et si le médecin consulté peut évaluer l’opportunité d’autres vaccinations, en fonction de la durée, de la saison et du type de voyage.

Il est souhaitable de prévoir la consultation environ 2 mois avant le départ.

Il n’existe que peu de contre-indications vraies et définitives, en dehors de certaines allergies et d’affections évolutives qui pourraient rendre en elles-mêmes le voyage aléatoire.


d/ Bien préparer sa trousse à pharmacie

Les médicaments auxquels vous êtes habitués peuvent être introuvables dans les pharmacies locales ou exister sous un nom ou un dosage différents.
Il faut aussi connaître la fréquence des contrefaçons, souvent “seulement” inefficaces, mais parfois dangereuses; dans certains pays (Chine, Vietnam, Pérou, Argentine, Nigeria...), 80% des médicaments qui circulent sont des faux.

La trousse-type que nous décrivons est, bien sûr adaptable à la destination, à la durée et au style du voyage : le nombre de produits ne doit pas être fonction de la crainte du voyageur, mais des risques réels, et de l’absence ou de l’éloignement des possibilités de soins :

■ Médicaments contre la fièvre et la douleur (paracétamol, plutôt qu’aspirine).
■ Anti-diarrhéiques : pansements intestinaux et anti-sécrétoires.
■ Antispasmodiques.
■ Antiémétiques contre les vomissements.
■ Médicaments contre les brûlures d’estomac.
■ Traitement antiallergique et crème contre les démangeaisons.
■ Antibiotiques (type amoxicilline pour les affections ORL ou pulmonaires et quinolone pour les affections digestives ou urinaires).
■ Eventuellement, anti-inflammatoires.

Votre médecin vous prescrira les spécialités correspondantes et vous en précisera le mode d’utilisation.

Par ailleurs, vous devrez pouvoir trouver dans votre trousse :

■ Solution ou gel hydro-alcoolique pour le lavage des mains, protection efficace contre la propagation de nombreuses maladies infectieuses.
■ Un collyre.
■ Un antiseptique cutané.
■ Une pommade “apaisante” type *Biafine, en cas de brûlure solaire ou autre.
■ Des compresses, pansements et bandes.
■ Une pochette de sutures adhésives (*Stéri-strips), faciles à utiliser qui, le cas échéant, vous éviteront d’avoir à faire "recoudre" de petites plaies.
■ Une paire de ciseaux, une pince à épiler, un thermomètre frontal ou électronique.
■ Une bande de contention type Elastoplast.
■ Pour des voyages sportifs au cours desquels le risque traumatique serait plus important et le temps plus long pour rejoindre un centre médicalisé, on pourra adjoindre à la trousse, du fil à suture et des gants chirurgicaux stériles.
■ Enfin, si cette longue liste concerne des produits que vous aurez heureusement peu l’occasion d’utiliser, n’oubliez jamais les produits antisolaires (protection minimum 30, pour les régions tropicales ou de haute montagne), les produits anti-moustiques et le traitement antipaludéen dont nous reparlerons plus loin (là où ils sont nécessaires).

N’emportez pas de médicaments sous des formes qui pourraient être altérées par la chaleur (sirops, suppositoires).

Les voyageurs qui suivent un traitement habituel devront l’avoir en quantité suffisante pour une durée dépassant sensiblement la durée du voyage. Il sera prudent, en cas de traitement injectable de se munir de seringues stériles et d’une ordonnance rédigée en anglais ou, mieux, dans la langue parlée dans le pays de destination.

Lors des voyages aériens, il faudra penser à garder une partie des médicaments en bagages à main, afin de ne pas être “en manque” à l’arrivée en cas de retard ou de perte. Remarquons, comme pour les vaccinations, que le prix des produits de cette trousse est à prendre en considération. Leur quantité sera adaptée au voyage et au voyageur.

Certains pourront être conservés jusqu’au prochain voyage (vérifier la date limite d’utilisation). Les porteurs de verres correcteurs (ou de lentilles de contact) auront intérêt à en emporter une paire supplémentaire, en prévision de perte ou de casse.

Vous êtes maintenant prêts à partir, vos vaccins sont faits, vérifiez encore une fois que vous n’avez rien oublié, ni dans la préparation de vos bagages, ni dans celle de vos documents (faites-en des photocopies que vous garderez sur vous plutôt que les originaux dans vos déplacements locaux).

3/ PENDANT LE VOL


La peur de prendre l’avion existe chez certains. C’est l’angoisse archaïque du mythe d’Icare. Certaines personnes (auxquelles il est vain de rappeler que l’avion est, statistiquement, et de loin, le moyen de transport le plus sûr) ne pourront vaincre leur anxiété que par la prise de petites doses de tranquillisants avant le départ.

Il est important de boire abondamment pendant toute la durée du vol (de l’eau ou des boissons non alcoolisées, de préférence non gazeuses) pour compenser la sécheresse de l’air de la cabine qui peut aussi entraîner une mauvaise tolérance des lentilles de contact (ceux qui en portent auront intérêt, sur les vols long-courriers, à les enlever et à utiliser leurs lunettes de rechange). L’air conditionné est, parfois, pulsé par des bouches orientables; ne les dirigez pas directement sur vous (ni sur votre voisin); cela pourra vous éviter (à lui aussi) une rhino-pharyngite à l’arrivée.

La durée des vols longs courriers” accentue proportionnellement les problèmes de circulation veineuse; il faut bouger les pieds, se lever, marcher le plus souvent possible (ce qui est plus difficile si on occupe un siège “hublot” qu’un siège “allée”), et éviter de croiser ses jambes (si tant est qu’il soit possible de le faire en classe économique!). Il est recommandé de porter des vêtements amples et des chaussures plutôt grandes si on veut pouvoir les remettre à l'arrivée! Un léger œdème, qui disparaîtra en 24 heures, n’est pas inquiétant. Les personnes souffrant de problèmes veineux peuvent (si elles ne le font déjà) prendre un traitement veinotonique, voire porter pendant le vol des bas de contention.

Les variations de pressurisation de la cabine (au décollage, en vol et à la descente) peuvent entraîner des douleurs intenses des oreilles ou des dents surtout lors de certaines affections, qui doivent être impérativement traitées avant le départ (rhumes, otites, sinusites, caries dentaires). Sinon, en cas d’affection ORL, la pulvérisation nasale de produits levant le spasme soulagera les douleurs des conduits auditifs (au décollage et à l’atterrissage).

Le “mal de l’air” est de plus en plus rare à bord des appareils modernes. Il est favorisé par la fatigue, la longueur du vol et le manque de sommeil. Préventivement (et en l'absence de contre-indications), demandez à votre médecin une prescription de "patchs" de *Scopoderm. En cas de nausées ou de vomissements, utilisez un médicament antispasmodique plutôt que certains produits souvent conseillés dans le mal des transports qui peuvent entraîner une somnolence pas toujours souhaitable.

Les vols long-courriers sont aujourd'hui “non-fumeurs”; les passagers craignant que leur dépendance au tabac ne leur permette pas de supporter un sevrage de quelques heures pourront utiliser, après avis de leur médecin un patch ou des gommes à la nicotine.

A l’arrivée, on échappera difficilement aux conséquences du décalage horaire : c’est le “jet-lag”. Il apparaît après un vol long traversant plus de quatre fuseaux horaires et ses effets négatifs (fatigue, baisse des performances physiques et intellectuelles) sont proportionnels, dans leur importance et dans leur durée, au nombre de fuseaux traversés et plus nettement dans les voyages d’est en ouest que dans l’autre sens.

Schématiquement, on a intérêt à adopter le plus vite possible le rythme social de la destination (décalage des horaires des repas et décalage du sommeil au moyen de petites doses de somnifère). Les voyageurs sous traitements (diabétiques insulinodépendants, cardiaques sous anticoagulants, pilules contraceptives, ...) devront adapter leurs horaires de prises en fonction de la durée d’action des produits utilisés et du sens du décalage (allongement “relatif” de la journée dans les vols vers l’Ouest, et raccourcissement “relatif” dans les vols vers l’Est). En cas de décalage horaire important (plus de 4 heures dans les deux sens), il faudra modifier rapidement les horaires des prises, une fois arrivé à destination. On peut aussi commencer à les adapte quelques jours avant le départ.

Il n’existe pas, aujourd’hui de traitement véritablement efficace du “jet-lag” : on pourra recommander au passager qui ne pourrait s’endormir facilement pendant un vol de nuit la prise de petites doses de somnifère. Quant à la mélatonine, il n’y a pas de preuve certaine de son action, même si ses utilisateurs en vantent les résultats.

4/ PENDANT VOTRE SÉJOUR


L’euphorie de votre arrivée à destination ne doit pas vous faire oublier que c’est dans les premiers jours de votre voyage que vous serez le plus exposé aux risques d’acclimatation : adaptation à la chaleur (ou au froid), au soleil, à l’altitude et surtout à l’alimentation locale.

Les vaccinations vous protègeront contre un certain nombre d’affections. Mais pour d’autres, il n’existe pas (ou pas encore) de vaccins efficaces; il est alors capital d’utiliser des méthodes de prévention “active”.

En schématisant, le but va être la protection contre les maladies transmises :

- Par les aliments et par l’eau (celle qu’on boit et celle dans laquelle on se baigne) qui transmettront la bénigne, mais si éprouvante “ tourista” (qui surviendra, bien sûr le jour où vous aurez prévu une excursion passionnante), mais aussi d’autres maladies infectieuses ou parasitaires qui peuvent se manifester longtemps encore après votre retour.

- Par les animaux, d’autant plus nocifs qu’ils sont petits; les moustiques qui peuvent transmettre le paludisme, la fièvre jaune, la dengue et de nombreuses autres maladies seront beaucoup plus dangereux, pendant vos safaris africains que les mythiques “big five” (lion, léopard, éléphant, rhinocéros et buffle) ; d’ailleurs, vous passerez vos nuits à fuir les uns et vos journées entières à rechercher les autres !

- Par les humains enfin (et peut-être surtout) quand on sait la gravité des risques de contamination sexuelle.


a/ La diarrhée du voyageur

C’est le plus fréquent des problèmes de santé du voyageur.
Il est d’autant plus fréquent que la différence est grande entre le niveau sanitaire du pays d’origine du voyageur et celui du pays de destination. Cette diarrhée aiguë est, dans la majorité des cas, plus gênante que grave (sauf aux âges extrêmes de la vie).

• Prévention de la diarrhée

Se laver régulièrement les mains, est la première (et la plus importante) des règles d’hygiène. La seconde est d’éviter les aliments crûs ou froids (ou refroidis). En choisissant avec soin (mais sans obsession) boissons et aliments, vous diminuerez considérablement vos risques.

L’eau minérale ou les boissons gazeuses (en bouteille capsulée, décapsulée devant vous) sont toujours préférables.

Si l'eau est souvent l'objet de toutes les méfiances, la majorité des diarrhées au cours des voyages ne lui est pas due: les œufs insuffisamment cuits, le lait non pasteurisé ou non bouilli, les glaces si tentantes seront évités dans la mesure du possible. Les viandes et poissons doivent être très cuits et mangés chauds. Les buffets, aussi appétissants soient-ils, sont souvent préparés et installés trop longtemps avant d'être consommés.

Il peut y avoir moins de risque (et plus de plaisir) à prendre un repas sur un étal de rue d'un marché de Pékin, de Mexico ou de Zanzibar (en dehors d'épidémies locales), qu'au buffet froid servi autour de la piscine d'un hôtel****.

Enfin, une rupture de la chaîne du froid dans le transport ou la conservation des aliments peut être une source non prévisible de contamination.

Le traitement de l'eau, qui concerne des voyages aventures en particulier les treks, devra prendre en compte la taille des agents contaminants (microbiens, viraux ou parasitaires). D'abord ne pas négliger l'ébullition (plus facile en altitude) et seule efficace sur tous les agents.

■ La décantation filtration (par un filtre à café, par exemple) est un préalable indispensable car les substances en suspension gêneraient la désinfection.
■ La désinfection par agents chimiques que ce soit Aquatabs ou Micropur, si elle a une action satisfaisante sur microbes et virus n'en a aucune sur les parasites.
■ La microfiltration (Mini Ceramic de Katadyn par exemple) trouve ses limites dans le diamètre des pores; elle ne retiendra pas les virus (0,01µm), d'où l'importance pour les voyageurs des vaccinations contre la poliomyélite et l’hépatite A.

On peut trouver dans les boutiques de "Voyageurs" tous les systèmes efficaces (filtres, pailles, gourdes, comprimés...). Les mesures de prévention sont les mêmes pour éviter une "tourista" désagréable mais bénigne qu'une diarrhée parasitaire qui pourra se révéler après le voyage.

• Traitement de la diarrhée

Si, ce qui est fréquent, on n’a pas réussi à l’éviter, cette gastro-entérite devra être traitée :

■ En n’utilisant qu’avec modération (et jamais chez le petit enfant) les médicaments dits “anti-sécrétoires” (*Imodium, *Arestal, *Tiorfan); il faut ne pas prolonger le traitement plus de 24 heures (risques de blocages intestinaux douloureux et durables).
■ En préférant un pansement intestinal (*Smecta, *Actapulgite). En y ajoutant des boissons abondantes (thé, infusions, Coca-Cola ou Pepsi-Cola, ou sels de réhydratation oral, type sachets de l'OMS), destinées à compenser les pertes liquidiennes.
■ En cas de fièvre, il faudra recourir à l’antibiotique conseillé par votre médecin avant le voyage (Azithromycine ou de la famille des quinolones).
■ La persistance d’une diarrhée après 2 ou 3 jours d’automédication doit conduire à un avis médical, d’autant plus rapidement que s’installeraient des signes plus inquiétants : fièvre élevée, douleurs abdominales violentes, selles sanglantes, signes de déshydratation. Une diarrhée survenant dans les jours, les semaines, voire les mois qui suivent le retour nécessite impérativement de consulter.


b/ Le paludisme ou malaria

Il doit être une préoccupation majeure du voyageur en Afrique sub-saharienne surtout, mais aussi, en Asie, en Amérique latine, et à un degré moindre dans certaines régions du Moyen-Orient.
Le paludisme est une maladie fébrile qui peut être grave si elle n’est pas traitée rapidement : il faut y penser devant toute fièvre survenant pendant et, surtout, après un séjour en zone intertropicale.
Il est transmis par un moustique femelle (Anophèle), qui pique au crépuscule et pendant la nuit plus volontiers en saison humide qu’en saison sèche, et jamais au dessus de 1 500 m. Les premières mesures sont donc des mesures de protection contre ces moustiques (qui ne sont pas nécessairement ceux que vous verrez, ou dont vous sentirez les piqûres).

• Prévention contre les moustiques

Livingstone écrivait vers 1860 dans la relation d’une de ses expéditions africaines : “Un seul de ces vampires, enfermé dans la gaze, vous fait passer une nuit dont on connaît les tortures... L’expérience vous apprend bien vite que battre la moustiquaire avant d’y entrer est le seul moyen de s’épargner les tourments qui soumettent le repos et le caractère à une si rude épreuve.”

Un certain nombre de maladies sont transmises par les piqûres de plusieurs espèces de moustiques, anophèles, aedes ou culex. Seules les femelles sont vectrices de ces affections virales ou parasitaires en piquant un sujet sain après s’être infectées en piquant un sujet malade.

Si les dizaines de millions de cas annuels de paludisme en Afrique sub-saharienne, dans le sud-est asiatique ou dans les régions amazoniennes, si les flambées épidémiques de dengue et de chikungunya sur tous les continents ou de fièvre jaune en Amérique du Sud sont de graves problèmes de santé publique pour les pays concernés, ils peuvent être, pour les voyageurs, un grave problème de santé privée.

Même si le paludisme est efficacement prévenu par des traitements, même si la fièvre jaune l’est par la vaccination, cela ne doit d’autant moins dispenser d’une protection individuelle contre les piqûres de moustiques, qu’elle sera le seul moyen de prévenir d’autres maladies (c’est le cas, par exemple, de la dengue, du chikungunya ou de la fièvre du Nil Occidental).

Les moustiques sont absents en altitude et dans les régions froides. Les risques de transmission sont présents partout et toute l’année en zône équatoriale humide, alors qu’en région tropicale ils sont moindres en saison sèche sauf près des points d’eau stagnantes marigots, puits, voire bidons ou tas de pneus usagés, lieux idéaux de multiplication des larves.

La protection individuelle contre les piqûres de moustiques est devenue indispensable, pour les voyageurs en Afrique, en Asie et en Océanie et maintenant sur la quasi-totalité du continent américain. à l’exception du grand nord, du grand sud et des grandes villes.

Quelles protections ?

■ les insecticides (aérosols, diffuseurs électriques, tortillons fumigènes)
Ils sont efficaces, non toxiques pour l’homme et les animaux de son entourage.

■ Les vêtements
S’il est facile de recommander aux voyageurs le port de vêtements couvrants, il est évident que ces conseils seront difficilement suivis dans des régions chaudes et ensoleillées. Il faudra imprégner chemises, tee-shirts et pantalons par pulvérisation ou par trempage d’insecticide vestimentaire (à base de perméthrine et de ses dérivés) qui résistent pendant plusieurs semaines à plusieurs lavages.

■ Les moustiquaires
La nuit (ou pendant la sieste) les moustiquaires imprégnées d’insecticides par trempage (ou pré-imprégnées à l’achat) sont une protection efficace et indispensable, en particulier contre le paludisme (à condition d’être bien « bordées », de ne pas être trouées et de ne pas s’y enfermer avec un moustique).

Pour les nourrissons, les moustiquaires de berceau devront être utilisées d’autant plus systématiquement que les répulsifs cutanés leur sont contre-indiqués.

■ Les répulsifs cutanés ou repellents
Ils repoussent les moustiques sans les tuer contrairement aux insecticides. Leur efficacité, expérimentée plus comme des cosmétiques que comme des produits pharmaceutiques, n’est pas toujours évidente en pratique. L’application devra être répétée dans la journée. Parmi les très nombreux répulsifs, un certain nombre bénéficient d’un avis favorable de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) : ce sont ceux dont les substances actives à concentration efficace sont le DEET, l’IR 3535 et le Citriodiol.

Les femmes enceintes et les enfants devront utiliser des produits aux dosages adaptés.

• Traitement préventif

Depuis mai 2015 le Haut Comité de Santé Publique a modifié les recommandations aux voyageurs (pas aux résidents) de prévention du paludisme, d'abord en supprimant la classification en groupe 1, 2, et 3 que la France était seule à observer, en fonction de l'apparition de résistance aux traitements utilisés.

Les recommandations dépendront, désormais, de l'importance du risque pour le voyageur, évalué en fonction:
- des données épidémiologiques de chaque pays
- des variations suivant la saison, l'itinéraire, les conditions du voyage (nuitées en zône impaludée) - du ratio bénéfice/risque de la prescription du traitement, prenant en compte sa nécessité opposée à ses effets secondaires ou contre-indications.

Globalement, si l'indication reste impérative, dans tous les cas de figures, dans la majorité des pays d'Afrique sub-saharienne (avec des variantes régionales), elle l'est beaucoup moins dans les pays d'Asie et d'Amérique tropicales (mais là aussi avec des variantes régionales).

Le voyageur pourra s'informer en se rendant sur le site de nos "fiches-pays" où seront précisés:
- l'importance du risque
- la nécessité ou non d'un traitement
- les zônes et périodes de transmission
- les traitements antipaludiques adaptés à la région, qui ne doivent être délivrés que sur prescription médicale.

La prise d'un traitement préventif ne doit, en aucun cas, dispenser d'une protection individuelle contre les piqûres de moustiques.



c/ Les maladies sexuellement transmissibles et risques transfusionnels

Nous nous devons, ici, de dénoncer le tourisme sexuel, pour le risque sanitaire qu’il fait courir au voyageur et à sa (ou son) partenaire local, mais aussi (et indépendamment de ce risque) pour la déviance qu’il représente, qu’il soit but non caché de tour-opérateurs spécialisés ou but masqué par un programme alibi.
Le “ touriste sexuel” s’expose en outre à la juridiction française si l’acte est commis sur un mineur.

La majorité des voyageurs le savent aujourd’hui, les rapports sexuels non protégés, les transfusions sanguines, les seringues réutilisées, les matériels de tatouage et de “piercing” à usage multiple exposent schématiquement, à des risques comparables, en tous cas pour leurs conséquences les plus lourdes.
La gravité des affections qui peuvent être transmises (SIDA, hépatites, syphilis....) impose des précautions draconiennes :

- Le rappel incessant, de l’absolue obligation de protection par des préservatifs masculins ou féminins (qu’il est préférable d’acheter en quantité suffisante dans le pays de départ) lors des rapports sexuels hétéro comme homosexuels.
- La vérification (mais est-ce possible?) de l’usage unique du matériel utilisé qu’il soit médical ou esthétique.
- Les transfusions sanguines devront être évitées (sauf en cas d’urgence vitale). Mieux vaut être rapatrié que transfusé.



d/ Les autres risques environnementaux et comportementaux

Ce sont les risques rencontrés en fonction des circonstances programmées ou non du voyage. Certains risques épidémiques locaux (dengue sur toute la planète, virus du Nil occidental en Amérique du Nord, SRAS en Asie du Sud-Est ou fièvre jaune en Amazonie) peuvent être tus ou minimisés par les autorités sanitaires des pays concernés. Cela justifie de s'enquérir, avant le départ des recommandations du ministère des Affaires étrangères (site Internet www.france.diplomatie.gouv.fr), utiles tant sur le plan sanitaire que sur les plans climatique ou politique.

Les traumatismes (qui inquiètent, à tort, moins que les maladies) représentent la première cause de rapatriement sanitaire : sports à risques (le risque objectif étant trop souvent minimisé par le pratiquant surestimant ses capacités) et accidents de circulation. Il peut être difficile (mais il est capital) d’avoir conscience de ses propres limites et d’admettre que la nature (mer, montagne, désert...) est plus forte que l'être humain.
Vérifiez avant le départ, que votre assurance n’exclue pas l’activité projetée.

De la même manière, on ne” tentera pas le diable”, en affichant les signes ostentatoires d’une richesse relative (argent liquide, bijoux) dans des zones (surtout urbaines) où la pauvreté des uns, pourrait entraîner une certaine insécurité pour les autres.
Il faudra cependant veiller à ce que cette prudence ne soit pas vécue comme une défiance qui pourrait blesser une population traditionnellement hospitalière.

Les animaux venimeux (serpents, scorpions, araignées, poissons) font souvent peur. Leurs piqûres ou morsures sont d'une part exceptionnelles (l'animal fuyant l'homme) et d'autre part, rarement graves. L’immobilisation du patient et l’administration de tranquillisants sont les premières mesures d’urgence à prendre après avoir essayé d’identifier l’animal. En l’absence de sérum spécifique dans sa trousse, on prendra cependant rapidement un avis médical.

L’air conditionné (omniprésent, dans les hôtels, les magasins, les lieux publics, les moyens de transport) est souvent si agressif qu’il peut être source d’affection rhino-pharyngées. Il faut, aujourd'hui, dans de nombreux pays, prendre en compte un facteur pouvant aggraver nombre de pathologies existantes (en particulier respiratoires ou cardiaques): il s'agit de la pollution atmosphérique urbaine, dont certains pics, s'ils sont préoccupants pour la population permanente, peuvent l'être pour un voyageur fragile.

• Baignades (en eau douce et en mer), plongée

Les baignades en eau douce doivent être évitées, partout, même si l’eau y est claire et que les populations locales vous y invitent (risque d’affections parasitaires ou infectieuses).

La prévention (il n’existe pas de vaccination), impose de considérer les eaux douces comme étant, a priori, suspectes. En cas de contact obligé (traversée de gué), il est préférable de rester chaussé et habillé. Il y a moins de risque (si on sait nager) à se baigner au milieu d’un lac ou d’un étang que sur sa rive.

Les torrents, ou les petites rivières (qui coulent sur un lit de sable ou de rochers) présentent moins de risques parasitaires que les eaux stagnantes.

L’eau de mer est sur un plan parasitaire et microbien plus sûre, sauf à proximité de sources de pollution (évacuation des eaux usées des villes ou des grands hôtels, voire catastrophes écologiques accidentelles ou non). Par contre, peuvent y exister des risques de blessures (par coraux, coquillages ou rochers), de piqûres (oursins, méduses ou poissons). On y remédiera efficacement par le port de chaussures adaptées à semelles suffisamment épaisses (chaussons de planche à voile). Les piqûres « urticariantes » (méduses) sont spectaculaires et surtout dangereuses par la panique qu’elles entraînent quand elles surviennent en pleine mer. Il est exceptionnel qu'elles soient graves (elles peuvent l'être en Australie le long de la Grande Barrière de corail).

Sur les plages, aussi belles soient-elles, le risque de contact avec des sources de pollution soit chimiques, soit parasitaires (chiens vagabonds, bétail) nécessite de ne pas s'allonger sur le sable sec sans matelas (une serviette de bains, une rabane ou un paréo, peuvent ne pas être des protections suffisantes); choisissez de préférence, pour vos bains de soleil, une zone de plage “lavée” par le flux des marées.

Certains poissons venimeux peuvent être toxiques même morts ; évitez de manipuler les poissons à épines. En cas de piqûre, on désinfectera (de préférence, et si possible, avec de l’eau de mer) et, en l’absence de sérum spécifique, on contactera le plus rapidement un centre médicalisé local.

Les risques de noyade, pour graves qu’ils soient, ne sont pas plus fréquents que sur nos côtes. Avant de vous mettre à l’eau, observez le comportement des “locaux” et renseignez-vous sur l’existence de courants et de prédateurs (requins).

La plongée sous-marine, ne doit se faire que sous la surveillance de moniteurs spécialisés, dans des centres bien équipés disposant de matériel fiable (ce qui doit être vérifié avant toute utilisation). La première des règles est de ne jamais plonger seul. Les accidents graves ou bénins, qu’ils soient dus au matériel ou au plongeur, sont la conséquence de la différence de pression entre l’atmosphère et le milieu sous-marin : accidents de descente (intoxication par le gaz carbonique, dû à un matériel défectueux, pouvant entraîner l’ivresse des profondeurs voire une perte de connaissance) et accidents de remontée (syndrome de décompression) qui justifient de considérer comme potentiellement grave toute fatigue ou toute somnolence survenant après la remontée. Ces accidents qui peuvent nécessiter une réanimation lourde surviennent moins chez les plongeurs néophytes que chez des plongeurs qui croient ne plus l’être.

D’autres incidents sont heureusement moins graves, mais plus fréquents : hypothermie après un trop long séjour sous l’eau, barotraumatismes très douloureux au niveau de l’oreille, des sinus ou des dents cariées. Il est capital de respecter les contre-indications absolues à la plongée : ce sont les antécédents de maladies cardio-vasculaires, pulmonaires, neurologiques ou ORL. Pour des raisons de différences de pression, on évitera de plonger pendant 24 heures avant ou après un voyage aérien ou une ascension en haute montagne.

• Soleil

On doit se souvenir qu’un “ coup de soleil” est une brûlure, dont les méfaits à court terme sont évidents et dont les risques à long terme (vieillissement prématuré de la peau et surtout cancer cutané) sont maintenant rapportés utilement par les médias et connus du public.

L’intensité du rayonnement solaire augmente à mesure qu’on se rapproche de l’équateur. Il faut s’en méfier même (et peut-être surtout) si le ciel est nuageux mais aussi si l’air est plus “pur” : haute montagne, pleine mer, désert. L’exposition devra donc, être très progressive en appliquant des produits solaires à haut indice de protection (> 25 voire 30 ou même 40 pour des peaux fragiles en particulier les enfants).

La discussion reste ouverte entre les avantages et les effets pervers des protections à haut indice, qui peuvent permettre de rester plus longtemps exposé à un rayonnement nocif.

On se méfiera, surtout chez le jeune enfant et le sujet âgé, des risques de “coup de chaleur” ou d’insolation (maux de tête, rougeur du visage, accélération de la respiration) : urgence à trouver une zone d’ombre, à faire boire et à humidifier la tête et la nuque.

Les voyageurs qui prennent un traitement habituel devront s’assurer de l’absence de risque de photosensibilisation (coup de soleil pour une exposition minime).

• Altitude

On dit volontiers que l’on va en montagne pour “s’oxygéner”. C’est le contraire qui se passe, car, si l’air y est plus pur, l’oxygène y est plus rare. Là est la cause des incidents mineurs ou des accidents graves (en dehors des accidents traumatiques).

Il est donc souhaitable, avant tout séjour sportif en haute altitude (trek himalayen ou andin, ou sur les neiges du Kilimandjaro...) de faire pratiquer dans un service spécialisé, une épreuve de tolérance à la baisse de la pression d’oxygène (test d’aptitude à l’hypoxie), complémentaire des examens classiques (radiographies pulmonaires et électrocardiogramme) qui ne révèleraient que des contre-indications relatives ou déjà connues.

Il n’est pas nécessaire de monter très haut pour subir les désagréments du mal aigu des montagnes. Il peut apparaître à partir de 2 500 mètres, quelques heures après l’arrivée; il ne concerne pas seulement les alpinistes ou les randonneurs, il peut aussi concerner les voyageurs qui arrivent par avion dans une destination située à haute altitude (à Cuzco, 3 300 mètres ou à La Paz 3 650 mètres, par exemple). Il touche un sujet sur deux et pourra se répéter chez un même sujet à chaque exposition. Il n’est fonction ni de l’entraînement, ni de la condition physique, qui sont cependant des atouts capitaux pour la réussite d’une expédition en haute altitude ou d’un trek en moyenne altitude (souvent beaucoup plus fatiguant qu’on ne le pense avant le départ).

Il est favorisé par l’intensité de l’effort, la déshydratation (d’où la nécessité de boissons abondantes), l’insomnie, mais aussi l’usage de somnifères et d’alcool).
Il se manifeste par maux de tête, malaise général, insomnie, nausées et par un essoufflement sans rapport avec l’effort accompli voire l’apparition d’un œdème localisé (gonflement du visage, des mains ou des pieds).

Les mesures doivent être prises rapidement pour éviter les complications :

- Traiter les symptômes (aspirine) et boire abondamment.
- S’arrêter, se reposer, ne pas monter plus haut et surtout redescendre, si les symptômes persistent, sous peine de voir apparaître les complications rares mais gravissimes du mal aigu des montagnes (œdème pulmonaire et surtout œdème cérébral).

La prévention des accidents passe par trois règles d’or, jamais transgressées par les professionnels :

1/ Prendre le temps de s’acclimater à chaque palier.
2/ Monter lentement (pas plus de 300 mètres par jour à partir de 3 000 mètres et 150 mètres par jour au delà de 4 500 mètres).
3/ Ne pas rester trop haut trop longtemps et redescendre pour bivouaquer.

Pour les treks et les expéditions de très haute altitude, le médecin consulté, pourra conseiller la prise d’acétazolamide (*Diamox) et, éventuellement, d’un inhibiteur calcique (*Adalate) depuis la veille de l’ascension jusqu’à son but final.
La présence d’un professionnel de la montagne (ou d’un médecin) apte à décider, en cas de nécessité, des solutions d’urgence (redescente, mise en route de traitement, ou utilisation du caisson hyperbare portable) sera un gage de sécurité pour l’équipe.

La montagne, en outre, peut être responsable de problèmes dus au froid, majorés par le vent et l’humidité (gelures, hypothermie), au soleil direct (brûlures) ou réfléchi (nécessité de lunettes “intégrales”), enfin d’accidents traumatiques (chutes avec risques d’entorses ou de fractures, avalanches).

Les précautions d’hygiène alimentaire (en particulier quant aux boissons) et d’hygiène corporelle (vêtements de rechange secs, soins des pieds) sont primordiales. La fréquence des parasites tels que puces et poux nécessite de prévoir une poudre antiparasitaire pour les nuits dans les villages lors des treks de moyenne montagne dans l'Himalaya ou dans les Andes.

Tous les professionnels le savent, la meilleure des préventions reste (comme en mer et comme dans le désert) le respect du milieu et la connaissance de ses propres limites.


5/ LA FEMME ENCEINTE, L'ENFANT ET LE SENIOR EN VOYAGE


La femme enceinte, le petit enfant et le senior peuvent voyager dans des conditions voisines de celles des autres voyageurs, en excluant les conditions extrêmes d’insalubrité, d’insécurité, de chaleur, de froid, d’altitude... soit toutes les situations où l’environnement pourrait représenter un risque pour l’équilibre (peut-être plus précaire) de ces voyageurs particuliers, pour lesquels des mesures précédemment recommandées pourraient être contre-indiqués (certains vaccins ou médicaments de prévention du paludisme).


a/ La femme enceinte

S’il s’agit d’un voyage obligatoire (déplacement professionnel, par exemple), il n’existe pas de contre-indication absolue dés lors qu’il s’agit d’une grossesse sans problème. S’il s’agit d’un voyage touristique, il est préférable de choisir une destination “facile”.

Certaines compagnies aériennes internationales n’acceptent pas à bord de passagères à partir du 8e mois de grossesse.

La période à conseiller pour voyager, se situe entre 16 et 28 semaines; on sait alors que la grossesse est normale, que le risque d’avortement spontané est passé et qu’il n’existe pas encore de risque d’accouchement prématuré.

Pendant le vol, on peut ajouter aux conseils habituels, le port de collants de contention, qui amélioreront les inévitables petits problèmes circulatoires.

Certains vaccins étant contre-indiqués chez la femme enceinte, il est souhaitable de prendre l’avis d’un centre agréé. Il pourra délivrer une attestation de contre-indication.

Les traitements de prévention du paludisme, chloroquine (Nivaquine), chloroquine+proguanil (Savarine), atovaquone-proguanil (Malarone), méfloquine (Lariam,) prescrits en fonction de la résistance du parasite dans la destination du voyage, peuvent être pris au cours de la grossesse. Seule la doxycycline (Doxypalu) est contre-indiquée. Elle est prescrite, hors grossesse et jeunes enfants, surtout dans les zônes de multirésistance où il est, donc, déconseillé aux femmes enceintes de voyager.

Là où est importante la protection contre les maladies transmises par piqûres de moustiques (paludisme, dengue, chikungunya, zika, fièvre jaune...), se posera le problème de l'utilisation des répulsifs-peau dont les plus habituellement utilisés, sont contre-indiqués, contrairement aux répulsifs-vêtements qui eux, peuvent être utilisés en sprays comme en solution de trempage.

Tous les conseils de prévention exposés plus haut, restent valables en insistant sur la nécessité absolue de prendre un avis médical au moindre doute, car aux risques des maladies s’ajoute celui de la nocivité de certains traitements pendant la grossesse.

Les activités physiques intenses (dont la plongée et les séjours en haute altitude) seront, bien entendu contre-indiquées.

Enfin, il sera utile de vérifier que le contrat d’assurance n’exclue pas le “risque” grossesse.


b/ L’enfant

A partir de quel âge un enfant peut-il voyager ? Très tôt, bien sûr, mais nous parlons ici surtout de l’intérêt et du plaisir retiré du voyage touristique par le couple enfants parents et moins du déplacement obligatoire d’une famille dans le cas d’une expatriation professionnelle. Nous ne sommes pas convaincus du bonheur du nourrisson voyageur, mais nous sommes convaincus des soucis de ses parents pendant le voyage.

Y a-t-il des voyages contre-indiqués pour un enfant en bonne santé ? Non sauf si le voyage en lui-même peut remettre en question cette bonne santé :

- D’abord par les conditions sanitaires dans le pays visité (risque local de maladies sans possibilité de vaccination ou de prévention, éloignement des structures médicales).
- Mais aussi par les conditions du voyage (chaleur ou froid extrêmes, haute altitude).

Plus qu’un adulte, un enfant a besoin de diversité de ses pôles d’intérêt : les activités, quelles qu’elles soient, devront être interrompues par des périodes ludiques (baignades, jeux, repos..). Il faudra donc éviter un programme «monotone », qui lasserait d’abord l’enfant puis très vite les autres participants.
- On doit, peut-être, prendre en compte le risque du traumatisme psychologique que pourrait subir (sans explications préalables) un enfant au contact d’une grande pauvreté (plus choquante en ville que dans les campagnes ou « en brousse»)

Nous n’allons pas décrire ici un catalogue de prévention de tous les risques possibles, mais resterons disponibles pour des conseils ponctuels sur notre email. Les vaccinations classiques et leurs rappels, sont, pour la plupart d'entre eux "à jour" chez les enfants scolarisés. Quant à l’opportunité d’autres vaccinations en fonction de la destination choisie, de la période du voyage ou de l’âge des enfants, nous pourrons y répondre au cas par cas. Les enfants n’ont, en général, aucune notion de l’importance de l’hygiène ni alimentaire ni corporelle. Les règles doivent être, plus encore que pour les adultes, suivies avec rigueur: lavage fréquent des mains, aliments cuits, consommés chauds, fruits pelés ou lavés par une eau traitée, boissons capsulées.

Le soleil doit être considéré comme un ennemi du petit enfant, et à court terme (coup de chaleur) et à long terme (risques cutanés). L’exposition ne doit se faire que si l’enfant est protégé par un chapeau, un tee-shirt, des lunettes de soleil et une crème d’indice protecteur élevé.

La diarrhée qui est le symptôme le plus fréquent en voyage peut entraîner une déshydratation d’autant plus rapide et grave que l’enfant est plus jeune. Les mesures préventives doivent être draconiennes (surveillance stricte mais pas toujours facile, de l'hygiène alimentaire pendant tout le voyage). La première et la plus importante des mesures curatives est la réhydratation, par solutions type SRO (sels de réhydratation orale) qui doivent être présentes dans la trousse pharmaceutique. En cas de persistance, d'une diarrhée surtout si elle est fébrile, il faudra considérer la situation comme une urgence vraie et consulter le plus rapidement possible.

Même constat pour toute fièvre élevée, quelle qu’en soit la cause (coup de chaleur, infection microbienne, virale ou parasitaire), en ayant à l’esprit dans les pays impaludés (surtout dans les pays du groupe 3) que le paludisme de l’enfant peut revêtir des formes trompeuses et graves. Nous n’insisterons jamais assez sur l’importance de la prévention par un traitement antipaludéen en fonction de l’âge et de la destination (en gardant à l'esprit la très grande toxicité des médicaments utilisés s'ils sont pris à doses anormales donc à ne pas laisser à portée des enfants) et par l’utilisation de répulsifs efficaces (mais différents de ceux des adultes) et de moustiquaires (on en trouve facilement adaptables aux lits d’enfants et aux berceaux).

Toutes ces mises en garde étant dites, comme chez les adultes, l’immense majorité des voyages avec de jeunes enfants se passe bien et ceux qui ont dépassé les craintes de la " première fois " ne rêveront que de repartir ensemble.


c/ Le senior

C’est aujourd’hui une évidence de constater que, de nos jours, certains voyagent à un âge auquel, il y a encore quelques décennies, il était impensable que l’on puisse voyager ailleurs que “du lit au fauteuil et du fauteuil au lit”. Tant mieux, mais c’est aussi une évidence, qu’à mesure que l’âge avance les risques augmentent; non pas tant ceux liés aux affections en elles-mêmes, qu’à leurs conséquences sur un organisme, souvent moins prompt à se défendre.

Avant le départ il est capital de souscrire de “bons” contrats d’annulation, d’assistance et d’assurance.

Comme tous les voyageurs, il veillera à la validité de ses vaccinations anciennes. Au delà de 60 ans, la primo vaccination contre la fièvre jaune peut présenter certains risques de complications, et là où elle est habituellement conseillée sans être obligatoire, il est préférable de ne pas la faire, et de demander au voyageur de redoubler d'attention quant à la protection contre les piqûres de moustiques.

Un voyageur senior sans maladie préexistante n’aura pas à prendre de précautions plus importantes que ses cadets sauf, devoir penser en permanence à se réhydrater lors d’activités fatigantes par grandes chaleurs. Sans vouloir le protéger excessivement (ce qui l’irriterait sans doute), on pourra lui recommander, en cas de fortes chaleurs, la sieste, le port d’un chapeau et boire, boire, boire...

Par contre, celui qui est suivi pour une maladie chronique (mais cela vaut autant pour le voyageur plus jeune), devra consulter son médecin afin d’évaluer les risques encourus. Il devra être en possession d’un rapport médical suffisamment explicite (si possible rédigé en anglais) et de tous ses médicaments prévus largement et répartis, pendant le vol, entre bagages de cabine et de soute.

Son cas rejoint celui de tous les “malades” qui voyagent, indépendamment de leur âge. Nous n’en avons pas parlé, car ils relèvent de la compétence du spécialiste qui les suit. Il faut savoir, qu’aujourd’hui ils sont de plus en plus nombreux à voyager, qu’ils soient cardiaques, insuffisants respiratoires, diabétiques ou handicapés, voire cancéreux ou séropositifs au VIH sous traitements. Leur affection pourra ne pas être un obstacle au voyage, à la condition qu’ils suivent les conseils adaptés à leur cas et qu’ils connaissent, ce qui est plus souvent le cas que le voyageur en bonne santé, leurs propres limites.

Le bénéfice qu’ils pourront en retirer va, aujourd’hui, jusqu’à faire évoquer l’amélioration par le voyage de la santé de certains grands malades chroniques.

6/ À VOTRE RETOUR


Toutes les situations n’ont pas été évoquées dans ce texte qui a été le moins “médicalisé” possible (peut- être trop quand même) afin, d’une part de le rendre accessible à tous et d’autre part de ne pas transformer le voyageur en un obsessionnel des risques, ce qui lui ferait perdre une grande partie de son plaisir.
Votre voyage est maintenant terminé. Votre vol de retour s’est passé aussi bien qu’à l’aller (surtout si vous n’avez pas oublié de le reconfirmer). Vous avez encore la tête pleine de tout ce que vous avez vu.

Les informations et les conseils que nous vous avons prodigués, vous auront aidé, si vous les avez suivis, à éviter des situations, d’autant plus désagréables et « insécurisantes » qu’elles seraient arrivées loin de chez vous.

Répétons le : vous devez continuer à prendre vos médicaments antipaludéens pendant encore 1 à 4 semaines en fonction du produit et non pas du risque supposé.

Toute fatigue, toute fièvre, toute diarrhée, toute éruption cutanée, toute fatigue inexpliquée, en fait tout problème de santé survenant dans les semaines, voire dans les mois qui suivent, devront vous faire consulter votre médecin, en n’oubliant pas de lui préciser où et quand vous avez voyagé.

Souhaitons que son diagnostic ne soit que celui d’un “blues du retour”, classique “déprime” d’après voyage, dont le plus efficace des traitements est de repartir le plus vite possible!


7/ EPILOGUE AU VOYAGE


- Si l’on mettait en balance les risques sanitaires encourus, d’un côté lors d’un voyage lointain et de l’autre lors de vacances dans l’Hexagone, rien n’indique vers lequel pencherait, tous risques confondus, le fléau. Alors, que ces risques ne soient pas un frein au voyage ! Ils ne le seront pas pour ceux pour qui le premier des risques est de ne pas pouvoir partir. Ils auraient pu l’être, avant qu’ils n’aient lu ces conseils, pour ceux à qui des informations partielles ou partiales auraient donné une idée fausse des problèmes sanitaires et de leur prévention.

- Espérons que nous aurons su, en préservant votre santé, préserver votre rêve.


8/ D'AUTRES QUESTIONS


Si, après lecture, vous n'avez pas trouvé réponse à toutes vos questions, vous pouvez les poser au docteur Adida par email

Le docteur M. ADIDA
Diplômé universitaire de Médecine des voyages ; chargé de cours Universités Paris VI et VII, n'a aucun lien avec l'industrie pharmaceutique ni avec des organismes de conseil intervenant sur des produits de santé.

Spécialisé en médecine des voyages, le docteur Michel ADIDA est aussi un médecin-voyageur. Ses conseils (liés autant à la connaissance du terrain qu'à sa spécialité) vous informeront des mesures de prévention, nécessaires, pour votre prochain voyage.

Les conseils et informations fournies ne doivent pas remplaçer la relation qui existe entre le visiteur du site et son médecin.

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LES DERNIERES INFOS SANTE

SOMMAIRE


VALIDITÉ DE LA VACCINATION CONTRE LA FIÈVRE JAUNE(octobre 2016)
VACCINATION CONTRE LA DENGUE (juin 2016)
PRÉVISIONS OPTIMISTES POUR LES RISQUES DE ZIKA PENDANT LES J.O. (juin 2016)
LE POINT SUR "ZIKA" (avril 2016)
PROLONGATION DE VALIDITE DE LA VACCINATION CONTRE LA FIEVRE JAUNE (avril 2016)
ZIKA ET MICROCEPHALIES [SUITE] (mars 2016)
ZIKA ET GUILLAIN-BARRE (mars 2016)
ZIKA ET GROSSESSE - INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES (février 2016)
ZIKA ET MICROCEPHALIES. PESTICIDES ? (février 2016)
ZIKA ET GROSSESSE (février 2016)
MALADIE A VIRUS ZIKA (janvier 2016)
EMERGENCE DU VIRUS ZIKA (décembre 2015)
CHOLERA À CUBA (novembre 2015)
FIÈVRE JAUNE AU PÉROU (octobre 2015)
POLIOMYELITE À MADAGASCAR (juillet 2015)
MERS CORONAVIRUS EN COREE DU SUD (juin 2015)
MODIFICATION DES RECOMMANDATIONS DE PREVENTION DU PALUDISME (mai 2015)
DENGUE ET AUTRES MALADIES VECTORIELLES AU BRÉSIL (mai 2015)
TYPHOÏDE EN OUGANDA (mars 2015)
VACCINATION FIÈVRE JAUNE EN AFRIQUE DU SUD (février 2015)
NOUVELLES OBLIGATIONS DE LA VACCINATION ANTI-POLIOMYELITE (septembre 2014)
EBOLA EN AFRIQUE DE L'OUEST (septembre 2014)
LE POINT SUR LE CORONAVIRUS AU MOYEN-ORIENT (mai 2014)
CHIKUNGUNYA EN REPUBLIQUE DOMINICAINE (avril 2014)
VIRUS EBOLA EN GUINEE-CONAKRY (avril 2014)
PESTE À MADAGASCAR (décembre 2013)
DENGUE DANS LES ÎLES DU PACIFIQUE (octobre 2013)
RUPTURE DE STOCK DU VACCIN CONTRE LA FIÈVRE JAUNE (septembre 2013)
EPIDEMIE DE DENGUE EN THAILANDE (août 2013)
EPIDEMIE DE DENGUE AU COSTA-RICA (juillet 2013)
NOUVEAU CORONAVIRUS AU MOYEN ORIENT (13 Mai 2013)
GRIPPE AVIAIRE CHEZ LES AUTRUCHES D'AFRIQUE DU SUD (avril 2013)
MENINGITE EN ETHIOPIE (février 2013)
FAUX CERTIFICATS DE VACCINATION FIÈVRE JAUNE EN TANZANIE (février 2013)
CULTURES SUR BRÜLIS EN THAILANDE ET AU LAOS (février 2013)
BACTERIES MULTIRESISTANTES (juin 2011)
DILEMME ENTRE RECOMMANDATIONS ET OBLIGATIONS DE LA VACCINATION CONTRE LA FIÈVRE JAUNE (mai 2011)
LA CONSULTATION MEDICALE D'ALTITUDE : POURQUOI, POUR QUI (avril 2009)



VALIDITÉ DE LA VACCINATION CONTRE LA FIÈVRE JAUNE (octobre 2016)


Depuis le 11 juillet 2016, le Règlement Sanitaire International (RSI) régi par l'OMS, a modifié la durée de validité de la vaccination contre la fièvre jaune. Jusqu'alors de 10 ans, elle a été prolongée à vie.
En principe, les autorités sanitaires des pays qui exigent la vaccination, qui doit toujours être notifiée sur le carnet international (jaune), ne devraient plus se préoccuper de la date à laquelle elle a été faite.
Mais, les autorités de plusieurs pays d'Afrique sub-saharienne, semblent ne pas être informées de ces modifications et si le vaccin a été fait il y a plus de 10 ans, proposent aux voyageurs soit de les revacciner soit de payer une "taxe" (100 US$ en Tanzanie, où la vaccination, si elle est recommandée, n'est exigible, que si on a récemment séjourné ou transité dans un pays où la maladie peut sévir).

Notre avis :
- Nous devons, bien sûr, être opposés au paiement de cette "taxe".
- Il n'y a aucune raison d'accepter d'être revacciné sur place, bien qu'il n'y aurait ni risque ni contre-indication là où les conditions sanitaires seraient satisfaisantes.
- Il sera nécessaire de pouvoir apporter aux fonctionnaires de santé concernés la preuve de l'amendement au RSI, téléchargeable, en anglais, sur le site de l'OMS: who.int/ith/annex7-ihr.pdf, auxquels ils se soumettront.

VACCINATION CONTRE LA DENGUE (juin 2016)


Le Ministère de la Santé du Costa-Rica vient d'autoriser la mise sur le marché du Dengvaxia, vaccin tétravalent efficace contre les 4 sérotypes de virus endémiques dans le pays.
Le Costa-Rica devient le 5ème pays où le vaccin est disponible après le Brésil, le Mexique, le Salvador et les Philippines.
Après une dizaine d'années d'études dans 15 pays où 40000 volontaires ont été soumis aux essais des phases 1, 2 et 3, les résultats ont montré une prévention de 93% des cas sévères et évité 8 hospitalisations sur 10.
Au Costa-Rica, la commercialisation par le laboratoire Sanofi-Pasteur va concerner, d'abord les populations (jeunes enfants surtout) des régions de forte endémie.
Le vaccin n'est pas encore commercialisé en France.
Dans tous les pays (et ils sont de plus en plus nombreux) où sévissent des maladies transmises par piqûres de moustiques (dengue, mais aussi chikungunya, Zika, fièvre jaune, paludisme...) la protection personnelle anti-vectorielle reste et restera capitale, par répulsifs peau et vêtements et utilisation de moustiquaires imprégnées, sans que soient négligées par les autorités locales la démoustication et l'élimination des gîtes larvaires dans les eaux stagnantes (marigots mais aussi, en ville, receptacles divers, pots et bacs à plantes, vieux pneus...).

PRÉVISIONS OPTIMISTES POUR LES RISQUES DE ZIKA PENDANT LES J.O. (juin 2016)


Le 14 juin, lors de sa dernière réunion, le Comité d'urgence de l'OMS sur le virus Zika a déclaré qu'il ne "devrait y avoir aucune restriction générale en matière de déplacements vers les villes du Brésil qui accueilleront les Jeux Olympiques et Paraolympiques aux mois d'août et septembre prochains".
Parallèlement, des chercheurs de l'Université de Médecine de Sao Paulo ont publié une prédiction statistique rassurante (même si la modélisation mathématique a ses limites) en se référant à l'épidémie actuelle confrontée à l'épidémie de dengue de 2007, pire année dans l'histoire de la dengue au Brésil ( la dengue est transmise par le même moustique que le virus Zika qui ne sévissait pas en Amérique du Sud, jusqu'à l'épidémie actuelle). Ils ont estimé que sur les 400.000 visiteurs étrangers qui assisteront aux J.O, seulement 23 cas de Zika symptomatiques et 206 asymptomatiques seront rapportés. Ces chiffres prédictifs, relativisent considérablement le risque sans pour autant le rendre négligeable surtout en cas de grossesse ou de projet de grossesse, pour lesquelles les précautions et recommandations restent d'actualité (voir News antérieures).

LE POINT SUR "ZIKA" (avril 2016)


52 pays d'Amérique, d'Afrique, d'Asie, d'Océanie ont rapporté une transmission locale du virus Zika. Cette transmission n'est épidémique qu'en Amérique latine et dans la zône caribéenne; ailleurs, elle n'est ni plus ni moins fréquente qu'elle ne l'est depuis 1947, date des premières descriptions de la maladie, considérée comme bénigne jusqu'à ces derniers mois, et qui l'est dans l'immense majorité des cas. Les questions concernant les complications neurologiques n'ont pas, à ce jour, trouvé de réponses avérées.
Au Brésil, où 1,5 millions de personnes ont été infectées depuis 1 an, si 5900 cas de microcéphalies ont été rapportés, le virus Zika n'est mis en cause que pour 82 d'entre eux.
En Colombie, où le virus circule sur un mode épidémique, la mise en place d'un important programme de recherche permettra d'évaluer les risques réels de microcéphalies (dont les premiers cas locaux ont été décrits en septembre) liés à l'infection et seulement à elle.
L'activation et la coordination des recherches sur cette maladie est capitale pour le développement rapide d'un vaccin.
Concernant les risques pour les femmes enceintes à la date du voyage ou pour les grossesses projetées après le retour, les recommandations que nous avons faites précédemment restent d'actualité (voir News antérieures).

PROLONGATION DE VALIDITE DE LA VACCINATION CONTRE LA FIEVRE JAUNE (avril 2016)


L'OMS a officialisé la modification du Règlement Sanitaire International (RSI) stipulant que, à partir du 1er juillet 2016, la durée de validité du vaccin contre la fièvre jaune jusqu'alors de 10 ans, sera étendue à la vie entière.
Pour des raisons de réponse immunitaire, donc d'efficacité (mais pas de législation), la revaccination ne sera proposée que si la primo-vaccination a été faite, soit au cours d'une grossesse, soit au cours d'un épisode d'immuno-déficience chronique ou passagère, soit à un enfant de moins de deux ans. Si cette nouvelle règle du RSI est déjà appliquée par de nombreux pays où la vaccination est exigée, elle ne l'est pas encore par tous.
Jusqu'à fin juin, il sera prudent de s'enquérir auprès des ambassades concernées, de l'application anticipée du RSI, pour les voyageurs dont la primo-vaccination a été faite il y a de plus de 10 ans.

ZIKA ET MICROCEPHALIES [SUITE] (mars 2016)


Une étude de l'Institut Pasteur, publiée le 16 mars dans le très compétent journal médical The Lancet apporterait la preuve de la responsabilité du virus Zika dans les microcéphalies décrites chez les nouveau-nés de mères ayant contracté la maladie.
Cette étude, faite sur une modélisation mathématique, à partir d'observations des épidémies qui ont sévi en Polynésie Française de 2013 à 2015, plus que sur un constat "de terrain" de l'épidémie actuelle, ne prend en compte que la coexistence Zika-grossesse et en exclue les autres causes avérées (alcoolisme, co-infection par virus de dengue ou de chikungunya) ou évoquées (pesticides).
Les conclusions ne sont pas encore définitives, mais les recommandations que nous avons faites précédemment, aux femmes enceintes ou projetant une grossesse, devant voyager dans une région où le virus circule en mode épidémique, restent d'actualité.

ZIKA ET GUILLAIN-BARRE (mars 2016)


Les risques de maladie de Guillain-Barré lors de fièvres à virus Zika, connus depuis très longtemps, sont depuis quelques jours très médiatisés.
Ils sont, statistiquement, les mêmes que dans d'autres maladies virales telles que dengue, chikungunya voire grippe saisonnière.
Leur rareté (une trentaine de cas ont été avérés sur les 120.000 cas de Zika observés en Polynésie Française, lors de l'épidémie de 2013-2014) et leur régressivité totale dans l'immense majorité des cas, quelle qu'ait été la gravité de l'atteinte initiale, doivent faire relativiser les craintes engendrées par leur médiatisation, forcément anxiogène.
Enfin, il faut distinguer la corrélation entre Zika et Guillain-Barré, avérée mais bénigne, de celle plus grave mais non confirmée à ce jour, entre Zika et microcéphalie.

ZIKA ET GROSSESSE - INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES (février 2016)


Les études quant à l'implication de pesticides dans les microcéphalies observées au Brésil, n'ont guère évolué depuis leur évocation et leurs résultats ne seront pas publiés avant de (trop) longues semaines.
Même si l'hypothèse reste d'actualité (voire probable pour de nombreux chercheurs), il reste raisonnable de prolonger la recommandation aux femmes enceintes (et à elles seulement) de ne pas voyager vers les destinations où Zika est présent sur un mode épidémique ( Amérique Centrale, Amérique du Sud, Caraïbes).
En cas de projet de grossesse après le voyage, il est possible de faire pratiquer au retour, des examens (PCR, sérologies) qui permettent de diagnostiquer les formes asymptomatiques éventuellement contractées, et de différer, si positivité, le projet de quelques semaines...

ZIKA ET MICROCEPHALIES. PESTICIDES ? (février 2016)


Les études des cas rapportés de microcéphalies chez des nouveau-nés de mères ayant contracté une fièvre à virus Zika au cours de leur grossesse, ont amené aux constats suivants :
- seules les régions du Brésil, où est utilisé, dans les réservoirs d'eau potable, un pesticide (pyroproxyfen) ont été impactées par des cas de microcéphalies.
- il n'y a eu aucun cas de microcéphalie en Colombie, où plus de 3000 femmes ont accouché après infection avérée par le virus Zika.
- il n'y a eu, jusqu'à aujourd'hui, aucun cas de microcéphalie lors des épidémies antérieures, en particulier lors de l'importante épidémie qui a touché la Polynésie française en 2014-2015.

Il devient donc possible, que la cause de ces microcéphalies ne soit pas due au virus Zika mais à l'utilisation de ce pesticide commercialisé par une firme japonaise.
Ce doute, qui n'est pas (encore) une certitude, ne modifie pas (encore) la recommandation de ne pas voyager vers les destinations où le virus circule sur un mode épidémique.
A suivre...

ZIKA ET GROSSESSE (février 2016)


Bien que la preuve absolue de risques d'accidents neurologiques graves (microcéphalies) chez les nouveau-nés de mères ayant contracté la fièvre à virus Zika, ne soit pas encore faite, leur possibilité justifie la recommandation faite aux femmes enceintes de ne pas voyager vers les destinations où le virus sévit sur un mode épidémique (actuellement Amérique Centrale, Amérique du Sud, Caraïbes). Pour celles qui projettent une grossesse à court terme après un voyage en zone d'épidémie du virus, une période de "sécurité" est raisonnable. Pour ce que l'on sait ou ne sait pas encore de la période de transmission transplacentaire du virus, on l'estime de quelques semaines à plusieurs mois (en fonction des sources scientifiques, et des pays et de leur application plus ou moins rigoureuse du principe de précaution).
Hors grossesse, la maladie est bénigne dans l'immense majorité des cas; elle peut même être totalement asymptomatique (ce qui majore les questions qui doivent se poser en cas de grossesse). Les rares complications, à type de paralysies du Syndrome de Guillain-Barré, sont, comme pour la dengue ou le chikungunya, spontanément régressives.
Il n'existe pas encore de vaccin disponible; la prévention individuelle passe par la protection contre les piqûres des moustiques (utilisation répétée dans la journée de répulsifs peau et port de vêtements imprégnés par trempage (plus efficaces que par pulvérisation).

MALADIE A VIRUS ZIKA (janvier 2016)


Nos prévisions d'extension de l'épidémie de fièvre à virus Zika se confirment et, à ce jour sont concernés les pays et départements suivants d'Amérique latine et des Caraïbes: Barbade, Bolivie, Brésil, Colombie, Equateur, Guadeloupe, Guatemala, Guyane, Guyana, Haïti, Honduras, Martinique, Mexique, Panama, Paraguay, Puerto-Rico, Saint-Martin, Salvador, Suriname, Venezuela. D'autres pays de la région seront vraisemblablement touchés.
Transmise, nous l'avons écrit précédemment, par le même moustique que la dengue et le chikungunya, la maladie ne serait pas plus grave, si n'avaient été constatées au Brésil, de lourdes complications neurologiques chez des nouveau-nés de mères ayant été en contact avec le virus Zika. Le risque de microcéphalies, sources de lourds handicaps pour l'enfant , nous conduisent, en accord avec les recommandations que vient de publier le HCSP (Haut Conseil de Santé Publique) à conseiller aux femmes enceintes, en particulier en début de grossesse, de renoncer à un voyage vers les destinations désignées.
Des études sont en cours pour confirmer, ce qui n'est pas encore totalement avéré, que la cause des accidents observés est bien due au virus Zika.
Nous restons vigilants, responsables et conscients des conséquences de ces recommandations que nous serons heureux de supprimer dès que cette épidémie, comme toutes les épidémies, s'éteindra.

EMERGENCE DU VIRUS ZIKA (décembre 2015)


Découvert en 1947 en Ouganda, il s'est progressivement diffusé à un grand nombre de pays d'Afrique sub-saharienne et d'Asie. La Polynésie Française a été récemment touchée par une forte épidémie. Jusqu'alors inconnu sur le continent américain, le virus Zika a été retrouvé pour la première fois au Brésil, en 2014, après la dernière Coupe du Monde de football, vraisemblablement introduit par voie aérienne (transport de moustiques ou de passagers infectés). Il s'est, depuis étendu à de nombreux pays d'Amérique latine, Mexique, Guatemala, Salvador, Venezuela, Paraguay, en attendant son apparition dans d'autres pays de la région, et en particulier dans toute la zone caribéenne.
La maladie est transmise par piqûre d'un moustique d'une espèce identique à celle qui transmet la dengue, le chikungunya, la fièvre jaune. Elle était considérée comme bénigne (fièvre, douleurs articulaires et musculaires, éruption cutanée, guérissant en une huitaine de jours, sans traitement autre que symptomatique par le paracétamol), jusqu'à ce que, au Brésil, soient récemment décrits les risques fœtaux (malformations du système nerveux central, microcéphalie chez les nouveaux-nés). L'information des femmes enceintes est, donc, capitale. La prévention passe par une protection individuelle contre les piqûres de moustiques, en sachant la nocivité, pendant la grossesse, des répulsifs peau les plus habituellement utilisés. Les répulsifs vêtements, non contre-indiqués, peuvent et doivent être recommandés, plus par trempage que par pulvérisations. Il n'existe pas de vaccin.

CHOLERA À CUBA (novembre 2015)


L'OMS a rapporté 23 cas de choléra confirmé dans l'est de l'île, près de Santiago de Cuba. Il s'agit de la même souche de vibrion cholérique qui sévit à Haïti (mais aussi, à un moindre degré en République Dominicaine depuis le seisme de 2010, importé puis transmis par des casques bleus Onusiens). Le risque est minime pour les voyageurs.
Le choléra est une infection diarrheique aiguë à transmission oro-fécale, provoquée par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés . Le risque de formes graves concerne surtout les sujets fragilisés (immunodéprimés et enfants).
Maladie des mains sales, la prévention essentielle passe par les précautions rigoureuses d'hygiène alimentaire: aliments cuits, fruits pelés, eau traitée et, surtout lavage répété et prolongé des mains. La vaccination ne concerne que les soignants, les humanitaires ou les militaires.

FIÈVRE JAUNE AU PÉROU (octobre 2015)


La vaccination contre la fièvre jaune n'est pas exigée à l'arrivée au Pérou, mais 14 cas de fièvre jaune viennent de survenir dans plusieurs provinces, en particulier à Cuzco (3300 m) à des altitudes auxquelles on pensait que les moustiques n'étaient pas actifs. Contrairement à ce qu'on recommande aujourd'hui, la vaccination peut être conseillée, sauf contre-indication, pour tous les voyages au Pérou et pas seulement aux voyageurs qui se rendent en amazonie péruvienne.
Rappelons qu'elle doit être faite dans un centre de vaccinations internationales et que sa durée de validité, actuellement de 10 ans doit être prochainement prolongée indéfiniment.

POLIOMYELITE À MADAGASCAR (juillet 2015)


La poliomyélite qui avait disparu de la Grande Île y est à nouveau présente, touchant surtout les enfants. Les autorités sanitaires malgaches ont entrepris une large campagne de vaccination.
Même si le risque est minime pour le voyageur, il est capital que la vaccination soit à jour, y compris pour les adultes et qu'un rappel "in extremis" soit fait avant le départ, si elle ne l'est pas.

MERS CORONAVIRUS EN COREE DU SUD (juin 2015)


41 cas (dont 4 mortels) de Middle East Respiratory Syndrom (MERS) Coronavirus viennent d'être recensés en Corée du Sud, bien loin du foyer originel d'Arabie Saoudite.
Plus de 2000 personnes "contact" ont été mises en quarantaine.
Les autorités sanitaires coréennes ont mis en place des mesures de détection thermique à l'aéroport de Séoul avec des mesures de surveillance majorées pour les voyageurs en provenance ou ayant fait un stop au Moyen-Orient. Le risque est, à ce stade de l'épidémie, minime pour le voyageur.
Les seules préventions seront d'éviter les rassemblements de foules, éventuellement le port de masques chirurgicaux et, surtout le lavage répété des mains avec un gel ou une solution hydro-alcoolique.

MODIFICATION DES RECOMMANDATIONS DE PREVENTION DU PALUDISME
(mai 2015)


Le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP), en s’alignant sur les recommandations de l’OMS, vient de modifier les conseils de prévention du paludisme dans les zones à faible risque, essentiellement d’Asie et d’Amérique tropicales où le ratio bénéfice/risque n’apparait plus en faveur de la prise de traitements antipaludiques.

Les recommandations de traitements préventifs restent inchangées pour l’Afrique sub-saharienne : risque élevé en dehors des grandes villes dans les pays d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Est, risque plus modéré et régional dans les pays d’Afrique Australe.

La classification en 3 groupes en fonction de la résistance aux traitements de prévention, que la France était seule à observer, devient caduque.

Le HCSP se fonde, dans ses recommandations, sur les facteurs essentiels que sont :
  • les données épidémiologiques de chaque pays et de chaque région du pays
  • l’itinéraire et la saison du voyage
  • l’existence de nuitées (surtout en plein air) dans les régions à risque
  • les risques d’effets secondaires individuels et d’apparition ultérieure de résistance aux traitements, a fortiori si leur indication n’est pas absolue


Le HCSP insiste, indépendamment de la prophylaxie médicamenteuse, partout, sur l’importance de la protection personnelle anti-vectorielle, qui doit protéger le voyageur, non seulement contre les moustiques vecteurs de paludisme mais aussi contre ceux qui peuvent transmettre, dengue, chikungunya, fièvre jaune et contre mouches ou tiques responsables d’autres maladies exotiques.

Quelles protections ?
Variables en fonction de la région et de la saison (plus rigoureuses, bien sûr, en forêt équatoriale que sur une plage de l’Océan Indien) : vêtements couvrants, répulsifs peau et vêtements (par trempage plutôt que par pulvérisation) et surtout importance +++ de l’utilisation de moustiquaires imprégnées (elles ne le sont pas toujours).

En pratique, cette modification concerne essentiellement l’évaluation du risque de paludisme pour les voyageurs (plus que pour les résidents) et se matérialise par la disparition de la classification en groupes. 1, 2 et 3, responsable de fréquentes prescriptions par excès. Elle ne change pas les recommandations que nous avons faites, quant aux prescriptions de chloroquine (Nivaquine), chloroquine-proguanil (Savarine), atovaquone-proguanil (Malarone ou générique), doxycycline (Doxypalu) ou Méfloquine (Lariam) en fonction du risque réel (itinéraire, saison, type de voyage).

DENGUE ET AUTRES MALADIES VECTORIELLES AU BRÉSIL (mai 2015)


Si le Brésil est aujourd'hui, économiquement, plus dans la catégorie des pays émergés que dans celle des pays émergents, cela ne doit pas masquer le risque de maladies transmises par piqûres de moustiques ou de mouches, sur l'ensemble de son territoire, y compris dans l'environnement des grandes villes.
Si le paludisme reste cantonné en Amazonie et, à un degré moindre, dans le Pantanal , d'autres affections peuvent être présentes dans de nombreux états: la fièvre jaune (la vaccination est conseillée mais pas obligatoire), la dengue, en extension constante, ou encore la leishmaniose transmise par une petite mouche.
750.000 Brésiliens ont contracté une dengue depuis le début de cette année, ce qui fait du Brésil le "premier" pays au monde quant au nombre de cas.
Rappelons qu'il n'existe pas encore de vaccin commercialisé contre cette maladie, que la seule prévention est la protection contre les piqûres de moustiques 24h/24, et que le risque de formes hémorragiques graves justifie de ne jamais prendre de dérivés de l"aspirine, mais du paracétamol, en cas de fièvre inexpliquée.
Comment s'en protéger? La protection collective relève des programmes de santé publique, en éradiquant les gîtes larvaires dans les eaux stagnantes des villes et des campagnes (vieux pneus, pots de fleurs et de plantes...). La protection individuelle nécessite l'utilisation de répulsifs efficaces pour la peau, par le port de vêtements imprégnés de solution répulsive plus par trempage que par pulvérisation et par les moustiquaires imprégnées en l'absence d'air conditionné

TYPHOÏDE EN OUGANDA (mars 2015)


Une épidémie de fièvre typhoïde sévit depuis 1 mois dans la capitale Kampala et dans les districts voisins où 2000 cas ont été confirmés (source Institut de Veille Sanitaire).
L'eau de ville en est responsable et la distribution d'eau de source a été mise en place.
Il est, bien entendu, recommandé de ne boire que de l'eau capsulée et de n'utiliser l'eau de ville que pour la toilette.
La transmission de la maladie peut se faire par contact direct et le lavage fréquent des mains avec un gel ou une solution hydro-alcoolique reste un moyen efficace de prévention.
La vaccination ( une injection de Typhim Vi ou une injection de Tyavax pour ceux qui ne seraient pas encore immunisés contre l'Hépatite A) peut être conseillée à ceux qui vont voyager dans les prochaines semaines, même si la protection n'est pas aussi satisfaisante que celle des vaccins "universels".
Il est important de savoir qu'une fièvre typhoïde diagnostiquée est, aujourd'hui rapidement guérie.

VACCINATION FIÈVRE JAUNE EN AFRIQUE DU SUD (février 2015)


Le Ministère de la Santé du Gouvernement d'Afrique du Sud vient de mettre en ligne sur son site une importante modification de l'exigibilité de vaccination contre la Fièvre jaune.
Si, en théorie, un certificat est exigé pour les voyageurs en provenance d'un des 42 pays d'Afrique sub-saharienne et d'Amérique Latine où la maladie peut-être présente, l'exigibilité vient d'être supprimée pour ceux qui arrivent de Tanzanie mais surtout de Zambie après une extension aux chutes Victoria.

NOUVELLES OBLIGATIONS DE LA VACCINATION ANTI-POLIOMYELITE
(septembre 2014)


La multiplication des cas de poliomyélite dans une dizaine de pays a conduit l'OMS à rendre obligatoire la vaccination (qui n'était, jusqu'alors, que recommandée).
Si 7 des 10 pays où s'applique cette règlementation ne sont pas concernés par le tourisme (Afghanistan, Guinée Equatoriale, Irak, Nigeria, Pakistan, Somalie, Syrie), 3 le sont (Cameroun, Ethiopie, Israel). Ces mesures sont destinées à éviter la dissémination de la maladie à des pays indemnes.Si Israel ne fait que recommander la vaccination sans exigence à l'arrivée ni au départ, les autorités sanitaires du Cameroun et d'Ethiopie sont beaucoup plus rigides au départ du pays.
Toutes les personnes qui auront séjourné plus de 4 semaines dans le pays (nationaux, expatriés ou voyageurs) devront produire un certificat de vaccination contre la poliomyélite (ou de rappel), mentionné sur le Carnet International, et datant de moins d'un an.
Quels conseils pour les voyageurs à jour de leurs rappels DTCPolio, valide 10 ans pour les adultes?
S'ils sont proches de l'échéance, anticiper le rappel suivant.
Si, au contraire le dernier rappel est récent, mais daterait de plus d'un an au moment du retour, faire faire par le médecin traitant une injection d'IMOVAX Polio.
On est en présence d'une règlementation compliquée, probablement sujette à modifications, mais qu'il sera important de respecter, d'abord, sur un plan strictement sanitaire pour éviter la dissémination d'une maladie qui était en voie d'éradication et que les guerres, les déplacements de population et parfois l'obscurantisme ont fait resurgir, et d'autre part sur un plan plus individuel, pour s'éviter des problèmes avec les autorités locales.

EBOLA EN AFRIQUE DE L'OUEST (septembre 2014)


L'optimisme dont nous avions fait preuve dans nos News du mois d'Avril dernier quant aux risques d'extension de l'épidémie de fièvre d'Ebola qui sévissait essentiellement en Guinée-Conakry, au Liberia et en Sierra Leone, s'est étiolé à mesure que les cas se multipliaient.
Si la diffusion à d'autres pays reste actuellement limitée (1 cas au Sénégal, une dizaine au Nigeria), les risques seront de plus en plus importants avec la multiplication du nombre de malades dans les 3 pays où sévit l'épidémie et la "porosité" des frontières avec les pays voisins. Si les frontières aériennes, maritimes et routières sont, en principe, surveillées, on ne peut en dire autant des innombrables possibilités de passage "en brousse".

Pour ce qui l'en est aujourd'hui de cette grave épidémie (l'OMS vient d'émettre une prévision de 20 000 cas), rappelons que :
- la contagion se fait uniquement par contact avec les fluides corporels d'un malade : selles, vomissements essentiellement, mais aussi sang, sueur, sperme
- les régions concernées sont situées en Afrique de l'Ouest (quelques cas en République démocratique du Congo, foyer originel de la maladie) et ne concernent absolument pas les pays d'Afrique de l'Est ni d'Afrique Australe.

LE POINT SUR LE CORONAVIRUS AU MOYEN-ORIENT (mai 2014)


Depuis un an et demi 417 cas (123 décès) de MERS-CoV (Middle East Respiratory Syndrom coronavirus) ont été rapportés chez des personnes ayant séjourné dans la péninsule arabique (Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Oman, Yémen) mais aussi en Jordanie, Syrie, Irak.
Pour les voyages touristiques, les informations concernent essentiellement les Emirats, la Jordanie et Israël.
Si l'origine de la contamination est encore inconnue (le dromadaire est suspecté de pouvoir être un réservoir viral), la transmission interhumaine semble probable.
Seuls 2 cas ont été importés en France (il y a plus d'un an).
Le plus important des risques concerne les voyageurs ayant présenté un syndrome grippal, même bénin, pendant leur séjour ou à leur retour: ils vont être systématiquement considérés comme contaminés par le coronavirus jusqu'à preuve qu'ils ne le sont pas.

CHIKUNGUNYA EN REPUBLIQUE DOMINICAINE (avril 2014)


L'épidémie de chikungunya qui de décembre à mars a touché environ 15000 personnes dans les Caraïbes et en Guyane a atteint la République Dominicaine.
Si les épidémies de dengue sont fréquentes sur l'île, jamais le virus du chikungunya, transmis par le même moustique, n'y avait été présent.
Près de 800 cas ont été recensés depuis début février, dans la région de San Cristobal au sud-ouest de la capitale Santo Domingo.
A ce jour, les régions les plus touristiques (Punta Cana, La Romana, Sabana de la Mar) ne sont pas concernées.
Les autorités sanitaires mettent progressivement en place les mesures d'éradication des gîtes larvaires.
Les mesures de protection individuelles contre les piqûres de moustiques (répulsifs peau et vêtements, moustiquaires) sont essentielles.
Rappelons que le chikungunya est une maladie virale, plus grave aux âges extrêmes, d'allure grippale au début, puis rapidement marquée par d'intenses douleurs articulaires.

VIRUS EBOLA EN GUINEE-CONAKRY (avril 2014)


Une épidémie de Fièvre hémorragique à virus Ebola sévit actuellement en Guinée où ont été recensés près d'une centaine de cas.
Il s'agit d'une affection grave, mortelle dans près des trois-quarts des cas, transmissible par contact direct avec une personne malade.
Les deux seuls cas observés dans les pays de la région l'ont été au Liberia et en Sierra Leone importés par des voyageurs en provenance de Guinée, ayant eu des contacts directs avec des malades.
Aucun cas n'est survenu dans les autres pays voisins, Sénégal, Gambie, Côte d'Ivoire, Mali, Guinée-Bissau qui ont renforçé leurs systèmes de veille sanitaire aux frontières.
Pour ce qui concerne les voyageurs dans les régions touristiques du Sénégal ou de Gambie, les risques sont inexistants et la surveillance mise en place par l'OMS et l'Institut Pasteur de Dakar doit permettre qu'ils restent circonscrits aux foyers épidémiques guinéens.

PESTE À MADAGASCAR (décembre 2013)


L'actuelle épidémie de peste qui concerne la population des districts du Centre Nord et du Centre Sud de la Grande Île, a peu de probabilités de toucher les voyageurs. Les provinces concernées (Mandriatsara, Ikongo, Sonverana Ivongo, Tsiroanomandidy, Ikalamavony) sont hors des circuits touristiques.
Rappelons que Madagascar reste le plus important des derniers foyers mondiaux de peste.
La maladie, transmise par les puces des rats, peut revêtir deux formes: peste bubonique, contagieuse par contact direct beaucoup moins grave que la peste pulmonaire contagieuse par la toux.
La campagne de dératisation mise en oeuvre par les autorités sanitaires devrait permettre de limiter l'épidémie (une centaine de cas à ce jour, près de 300 en 2012).

DENGUE DANS LES ÎLES DU PACIFIQUE (octobre 2013)


Depuis le début de l'année, la dengue sévit dans de nombreuses îles du Pacifique, Fidji, Salomon, Micronésie, Wallis et Futuna et a franchi le seuil épidémique en Nouvelle Calédonie et en Polynésie Française (en particulier dans les atolls touristiques de Moorea, Rangiroa, Bora-Bora, Huahine).
Rappelons que la protection collective (élimination des gîtes de larves de moustiques des eaux stagnantes résiduelles) et la protection individuelle contre les piqûres (répulsifs peau et vêtements, moustiquaires imprégnées y compris pendant les siestes éventuelles) sont les seules mais indispensables mesures de prévention.

RUPTURE DE STOCK DU VACCIN CONTRE LA FIEVRE JAUNE (septembre 2013)


Un retard d'approvisionnement (!?) a entraîné une rupture de stock du vaccin contre la fièvre jaune (Stamaril) sous la présentation "unidose" utilisée en France par les centres de vaccination agréés.
Le laboratoire Sanofi Pasteur doit mettre à leur disposition à partir du 23 septembre une présentation "multidose" destinée habituellement aux marchés internationaux.
Ce conditionnement et son mode de conservation vont obliger les centres à aménager les consultations pour établir des plannings de vaccination.
Il est donc recommandé de s'informer de la disponibilité du vacccin.
A ce jour aucune dérogation n'a été accordée par l'OMS, et cette "défaillance" du laboratoire ne saurait servir de justification à une absence de vaccination pour les autorités sanitaires des pays où elle est obligatoire. La situation devrait se normaliser début décembre.

EPIDEMIE DE DENGUE EN THAILANDE (août 2013)


La dengue, habituellement endémique dans toute la Thaïlande est actuellement plus présente, probablement en raison d'une mousson très active.
Le risque concerne beaucoup plus les populations qui vivent à proximité des gîtes larvaires (eaux stagnantes) que les voyageurs.
- Pas (encore) de vaccin
- Prévention: protection contre les piqûres des moustiques actifs dans la journée: répulsifs peau et vêtements, moustiquaires imprégnées
- La dengue est une maladie virale en général bénigne, sauf pour les (rares) formes hémorragiques, d'où la recommandation de ne pas prendre de dérivés de l'aspirine en cas de fièvre mais plutôt du paracétamol (Doliprane, Dafalgan...)

EPIDEMIE DE DENGUE AU COSTA-RICA (Juillet 2013)


Le Costa-Rica où la dengue sévit de manière endémique, est touché, cette année par une épidémie qui concerne plus particulièrement les provinces de Guanacaste et de Puntarenas, mais qui pourrait s'étendre.
Rappelons:
- qu'il s'agit d'une maladie virale transmise par piqûre d'un moustique diurne. de la même famille que celui qui transmet la fièvre jaune ou le chikungunya
- qu'elle se présente, au début comme une affection fébrile pseudo-grippale
- qu'il est capital, devant toute fièvre élevée en zône d'endémie de dengue, de ne pas prendre de dérivés de l'aspirine qui pourraient déclencher une forme hémorragique grave, mais du paracétamol avant de consulter.
- qu'il n'existe pas (encore) de vaccination et que la seule prévention est (outre l'éradication des gîtes larvaires qui est surtout le rôle des autorités sanitaires) la protection individuelle contre les piqûres de moustiques par répulsifs pour la peau, le port de vêtements couvrants imprégnés, utilisation de moustiquaires pendant les éventuelles siestes (contrairement aux anophèles vecteurs de paludisme qui piquent du crépuscule à l'aube, les aedes piquent dans la journée)

NOUVEAU CORONAVIRUS AU MOYEN ORIENT (13 Mai 2013)


Une nouvelle fièvre contagieuse s'empare des médias, à l'occasion de la survenue d'une infection au nouveau coronavirus (nCov) chez un voyageur français après un séjour à Dubaï et de sa transmission à une personne "contact". La transmission inter-humaine est donc possible, même si elle est limitée, nécessitant une proximité prolongée avec un sujet malade.
Le réservoir de virus est encore inconnu, peut-être (comme pour le SRAS dû à un coronavirus voisin), des chauves-souris qui le transmettraient à un mammifère.
Il est recommandé dans les régions de circulation du virus, en dehors des précautions d'hygiène élémentaires (lavage fréquent des mains), d'éviter le contact avec des animaux malades (mais lesquels?!)
A ce jour, l'OMS confirme n'avoir mis en place aucune mesure de restriction aux voyages dans les pays et régions concernés par le risque de présence du nCov (Péninsule arabique, Iran, Irak, Syrie, Jordanie et Liban).
Rappelons que moins d'une quarantaine de cas ont été confirmés, sur place ou importés et que la majorité d'entre-eux concernent des voyages dans des pays, aujourd'hui, non touristiques (Arabie saoudite, Yémen, Syrie, Irak).
La vigilance des autorités sanitaires doit permettre de limiter les risques de multiplication des cas dans les régions de circulation du virus et la vigilance des voyageurs dans les régions touristiques (Emirats Arabes Unis, Oman et Jordanie) doit permettre de limiter le nombre de cas importés

GRIPPE AVIAIRE CHEZ LES AUTRUCHES D'AFRIQUE DU SUD (avril 2013)


Après une accalmie de plusieurs mois de nouveaux cas de grippe aviaire sont signalés dans une ferme d'autruches de la région d'Oudtshoorn.
Cette ferme a été isolée et ses autruches ne peuvent être vendues. Le risque de contamination directe est donc inexistant mais un évènement vient troubler la situation: la multiplication des vols de plumes (dont on ne sait ni où ni quand elles seront vendues) et le risque de transmission de la maladie par le contact avec ces plumes si elles proviennent d'autruches malades.
Rappelons que la grippe aviaire est une maladie des voies respiratoires des volatiles, transmise par leur toux et leurs sécrétions nasales (en Asie du Sud-Est, les transmissions à l'homme surviennent souvent chez des villageois après qu'ils aient plumé des volailles malades).

MENINGITE EN ETHIOPIE (février 2013)


Comme fréquemment à cette période de l'année, une épidémie de méningite sévit dans le sud de l'Ethiopie. Il est recommandé aux voyageurs au sud d'Arba Minch,se rendant par Yabelo, Konso et Jinka vers la vallée de l'Omo de se faire vacciner.
Le vaccin, qui doit immuniser contre les souches A,C,Y,W135 (Menveo ou Nimenrix) doit être fait dans un centre de vaccinations agréé.
Une injection, sans effets secondaires, protège efficacement pendant 3 ans officiellement (5 ans vraisemblablement, quand le recul permettra de le confirmer).
Le risque, plus important pour les enfants et les adolescents, nécessite, en période épidémique, d'éviter des contacts prolongés, en particulier avec les tribus de la basse vallée de l'Omo.

FAUX CERTIFICATS DE VACCINATION FIÈVRE JAUNE EN TANZANIE (février 2013)


L'ambigüité de la Règlementation Sanitaire Internationale confrontée aux législations locales aboutit aux propositions, à l'arrivée à Dar-es-Salaam, de délivrance (moyennant finances) de faux certificats de vaccination contre la fièvre jaune.
Rappelons que la vaccination,
- n'est plus exigée pour les voyageurs arrivant d'un pays où ne sévit pas la maladie
- qu'elle peut l'être après une escale, même courte, dans un pays où la fièvre jaune est présente, même si la vaccination n'y est pas exigée (ex: stop à Addis-Abeba)
- qu'elle peut l'être à Zanzibar, pour les voyageurs en provenance de Tanzanie continentale.
Toutes ces raisons nous font la recommander (hors contre-indications médicales). Sa validité légale de 10 ans évitera d'être confronté à ces problèmes lors de voyages ultérieurs.

CULTURES SUR BRÜLIS EN THAILANDE ET AU LAOS (février 2013)


A cette période de l'année les brûlis des cultures de riz du nord de Thaïlande et du Laos peuvent entraîner sur ces régions des fumées épaisses dues à la confrontation de températures locales élevées à des vents froids venus de Chine.
Sans être dangereuses, ces fumées peuvent être incommodantes aux plans respiratoires et oculaires.
Il peut être conseillé, aux personnes fragiles, de se protéger par un masque simple imbibé de sérum physiologique et par un collyre type Dacryosérum.

BACTERIES MULTIRESISTANTES


L'apparition il y a quelques années de bactéries résistantes à la plupart des traitements, leur multiplication sur tous les continents et, en particulier en Asie et en Afrique, peuvent exposer les voyageurs à ce risque nouveau responsable de maladies initialement peu graves, qui le deviennent devant l'inefficacité des thérapeutiques.
Si la prévention collective relève essentiellement du bon usage par les médecins des traitements antibiotiques, la plus importante des mesures individuelles de protection reste le lavage des mains : lavage fréquent, prolongé (au moins 30 secondes) de préférence avec une solution hydroalcoolique, qui doit, aujourd'hui être présente dans la trousse des voyageurs.
Toute fièvre du retour doit amener à une consultation en précisant au médecin (comme pour les maladies "exotiques", le paludisme, en particulier) l'itinéraire du voyage.

DILEMME ENTRE RECOMMANDATIONS ET OBLIGATIONS DE LA VACCINATION CONTRE LA FIEVRE JAUNE


L’OMS vient de publier les cartes des recommandations de la vaccination contre la fièvre jaune dans les régions à risque d’Afrique et d’Amérique latine (voir ci-dessous). Mais ces recommandations doivent être distinguées des obligations légales qui sont régies par le Règlement Sanitaire International (RSI). Prioritairement édicté pour protéger les habitants des pays hôtes, il se préoccupe moins du risque pour les voyageurs. Là est l’ambigüité qui peut exister entre la présence possible de la maladie et la non obligation vaccinale à l’arrivée. Certains pays, même si la fièvre jaune peut y sévir, n'exigent pas la vaccination pour les voyageurs arrivant directement d'Europe, d'Asie, d'Australie ou d'Amérique du Nord, mais l’exigent pour ceux qui ont récemment séjourné, même simplement transité plus de 12 heures dans un des pays infestés d'Afrique ou d'Amérique latine ( en « rouge » et « hachurés » sur les cartes), même si la vaccination n'y est pas obligatoire.

L’évolution non prévisible des législations locales, la durée de 10 années de validité légale et surtout la gravité de la maladie doivent être des arguments pour recommander la vaccination, qu'elle soit obligatoire ou simplement recommandée, à tous ceux qui vont voyager dans des régions à risque (en l'absence de contre-indications, en particulier de la primo-vaccination des seniors). Les informations quant aux obligations et aux recommandations sont actualisées dans nos fiches-santé des pays concernés sur notre site web.


LA CONSULTATION MEDICALE D'ALTITUDE : POURQUOI, POUR QUI


Un lieu-commun fréquent (mais faux) fait dire qu’on va en montagne pour s’oxygéner! S’il est vrai, que l’air y est moins pollué, la pression d’oxygène de l’air ambiant diminue à mesure que l’altitude s’élève (d’un tiers à 3500 mètres, de moitié à 5500 mètres, des deux-tiers au sommet de l’Everest).

C’est cette diminution de la quantité d’oxygène disponible qui peut être la cause d’inconfort d’abord, d’accidents mineurs ensuite (mal aigu des montagnes), d’accidents graves enfin (œdème pulmonaire et œdème cérébral de haute altitude).

Le MAM peut survenir lors d’une ascension mais aussi d’une arrivée dans un aéroport ou dans une ville situés à plus de 3500 mètres ( La Paz en Bolivie et Cuzco au Pérou par exemple).

La première (et, peut-être la plus importante) des mesures de prévention doit intervenir avant le départ : c’est la consultation dans un centre de médecine de montagne. C’est lors de cette consultation que seront décelées l’aptitude ou les contre-indications et prodigués les conseils qui diminueront les risques d’ incidents mineurs ou d’accidents graves, responsables de rapatriements sanitaires de plus en plus fréquents, qui pourraient être évités par une prévention bien conduite.

A qui conseiller cette consultation ?

- A ceux qui peuvent présenter un risque : pathologie connue cardiaque ou respiratoire.

- A ceux qui ont mal supporté un voyage antérieur, quelle que soit l’altitude à laquelle sont survenus les symptômes.

- A partir de 4000 mètres, à tous ceux dont il s’agit du premier séjour en haute altitude, même jeunes, même sportifs entraînés (rappelons que la survenue d’un MAM est individuelle et indépendante de l’âge et de la condition physique)

- Aux trekkers de « vraie » haute altitude, à partir de 5000 mètres, si le trek projeté monte plus haut que les treks antérieurs.

Qui pratique cette consultation ?

Plutôt que le médecin traitant ou le cardiologue, qui ne constateront que des contre-indications relatives, il est recommandé de consulter un spécialiste de médecine de montagne.

La consultation et, en particulier le test de résistance à l’hypoxie, qui mettant, au repos puis à l’effort, le patient en simulation d’altitude vers 5000 mètres, évalueront sa capacité à s’y adapter.

Les conseils seront alors donnés : prescription de traitement préventif (Acétazolamide), mais aussi conseils d’ascension (qui relèvent surtout de la responsabilité de l’organisateur du trek) : défaut d’acclimatation, montée trop rapide, séjour prolongé en très haute altitude, présence tout au long du trek d’un caisson hyperbare portable (et de personnes sachant l’utiliser).

Où trouver une consultation de médecine de montagne ?

Il est, bien évidemment, plus facile de consulter dans les régions de montagne (Lyon, Grenoble, Chamonix, Toulouse) mais aussi à Paris, Marseille ou Nantes.

Plutôt que d’établir une liste plus ou moins complète de ces consultations, nous nous répondrons par courriel (sante.en.voyage@gmail.com) à ceux qui n’en auraient pas trouvé dans les CHU ou CHR de leurs régions.

Un point pratique (non négligeable) : la Sécurité Sociale prend en charge cette consultation si elle est prescrite par le médecin traitant.