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Conseils santé

La femme enceinte, l'enfant et le senior en voyage

La femme enceinte

S’il s’agit d’un voyage obligatoire (déplacement professionnel, par exemple), il n’existe pas de contre-indication absolue dés lors qu’il s’agit d’une grossesse sans problème. S’il s’agit d’un voyage touristique, il est préférable de choisir une destination “facile”.

Certaines compagnies aériennes internationales n’acceptent pas à bord de passagères à partir du 8e mois de grossesse.

La période à conseiller pour voyager, se situe entre 16 et 28 semaines; on sait alors que la grossesse est normale, que le risque d’avortement spontané est passé et qu’il n’existe pas encore de risque d’accouchement prématuré.

Pendant le vol, on peut ajouter aux conseils habituels, le port de collants de contention, qui amélioreront les inévitables petits problèmes circulatoires.

Certains vaccins étant contre-indiqués chez la femme enceinte, il est souhaitable de prendre l’avis d’un centre agréé. Il pourra délivrer une attestation de contre-indication.

Les traitements de prévention du paludisme, chloroquine (Nivaquine), chloroquine+proguanil (Savarine), atovaquone-proguanil (Malarone), méfloquine (Lariam,) prescrits en fonction de la résistance du parasite dans la destination du voyage, peuvent être pris au cours de la grossesse. Seule la doxycycline (Doxypalu) est contre-indiquée. Elle est prescrite, hors grossesse et jeunes enfants, surtout dans les zônes de multirésistance où il est, donc, déconseillé aux femmes enceintes de voyager.

Là où est importante la protection contre les maladies transmises par piqûres de moustiques (paludisme, dengue, chikungunya, zika, fièvre jaune...), se posera le problème de l'utilisation des répulsifs-peau dont les plus habituellement utilisés, sont contre-indiqués, contrairement aux répulsifs-vêtements qui eux, peuvent être utilisés en sprays comme en solution de trempage.

Tous les conseils de prévention exposés plus haut, restent valables en insistant sur la nécessité absolue de prendre un avis médical au moindre doute, car aux risques des maladies s’ajoute celui de la nocivité de certains traitements pendant la grossesse.

Les activités physiques intenses (dont la plongée et les séjours en haute altitude) seront, bien entendu contre-indiquées.

Enfin, il sera utile de vérifier que le contrat d’assurance n’exclue pas le “risque” grossesse.

L’enfant

À partir de quel âge un enfant peut-il voyager ? Très tôt, bien sûr, mais nous parlons ici surtout de l’intérêt et du plaisir retiré du voyage touristique par le couple enfants parents et moins du déplacement obligatoire d’une famille dans le cas d’une expatriation professionnelle. Nous ne sommes pas convaincus du bonheur du nourrisson voyageur, mais nous sommes convaincus des soucis de ses parents pendant le voyage.

Y a-t-il des voyages contre-indiqués pour un enfant en bonne santé ? Non sauf si le voyage en lui-même peut remettre en question cette bonne santé :

- D’abord par les conditions sanitaires dans le pays visité (risque local de maladies sans possibilité de vaccination ou de prévention, éloignement des structures médicales).
- Mais aussi par les conditions du voyage (chaleur ou froid extrêmes, haute altitude).

Plus qu’un adulte, un enfant a besoin de diversité de ses pôles d’intérêt : les activités, quelles qu’elles soient, devront être interrompues par des périodes ludiques (baignades, jeux, repos..). Il faudra donc éviter un programme «monotone », qui lasserait d’abord l’enfant puis très vite les autres participants.

- On doit, peut-être, prendre en compte le risque du traumatisme psychologique que pourrait subir (sans explications préalables) un enfant au contact d’une grande pauvreté (plus choquante en ville que dans les campagnes ou « en brousse»)

Nous n’allons pas décrire ici un catalogue de prévention de tous les risques possibles, mais resterons disponibles pour des conseils ponctuels sur notre email. Les vaccinations classiques et leurs rappels, sont, pour la plupart d'entre eux "à jour" chez les enfants scolarisés. Quant à l’opportunité d’autres vaccinations en fonction de la destination choisie, de la période du voyage ou de l’âge des enfants, nous pourrons y répondre au cas par cas. Les enfants n’ont, en général, aucune notion de l’importance de l’hygiène ni alimentaire ni corporelle. Les règles doivent être, plus encore que pour les adultes, suivies avec rigueur: lavage fréquent des mains, aliments cuits, consommés chauds, fruits pelés ou lavés par une eau traitée, boissons capsulées.

Le soleil doit être considéré comme un ennemi du petit enfant, et à court terme (coup de chaleur) et à long terme (risques cutanés). L’exposition ne doit se faire que si l’enfant est protégé par un chapeau, un tee-shirt, des lunettes de soleil et une crème d’indice protecteur élevé.

La diarrhée qui est le symptôme le plus fréquent en voyage peut entraîner une déshydratation d’autant plus rapide et grave que l’enfant est plus jeune. Les mesures préventives doivent être draconiennes (surveillance stricte mais pas toujours facile, de l'hygiène alimentaire pendant tout le voyage). La première et la plus importante des mesures curatives est la réhydratation, par solutions type SRO (sels de réhydratation orale) qui doivent être présentes dans la trousse pharmaceutique. En cas de persistance, d'une diarrhée surtout si elle est fébrile, il faudra considérer la situation comme une urgence vraie et consulter le plus rapidement possible.

Même constat pour toute fièvre élevée, quelle qu’en soit la cause (coup de chaleur, infection microbienne, virale ou parasitaire), en ayant à l’esprit dans les pays impaludés (surtout dans les pays du groupe 3) que le paludisme de l’enfant peut revêtir des formes trompeuses et graves. Nous n’insisterons jamais assez sur l’importance de la prévention par un traitement antipaludéen en fonction de l’âge et de la destination (en gardant à l'esprit la très grande toxicité des médicaments utilisés s'ils sont pris à doses anormales donc à ne pas laisser à portée des enfants) et par l’utilisation de répulsifs efficaces (mais différents de ceux des adultes) et de moustiquaires (on en trouve facilement adaptables aux lits d’enfants et aux berceaux).

Toutes ces mises en garde étant dites, comme chez les adultes, l’immense majorité des voyages avec de jeunes enfants se passe bien et ceux qui ont dépassé les craintes de la "première fois" ne rêveront que de repartir ensemble.

Le senior

C’est aujourd’hui une évidence de constater que, de nos jours, certains voyagent à un âge auquel, il y a encore quelques décennies, il était impensable que l’on puisse voyager ailleurs que “du lit au fauteuil et du fauteuil au lit”. Tant mieux, mais c’est aussi une évidence, qu’à mesure que l’âge avance les risques augmentent; non pas tant ceux liés aux affections en elles-mêmes, qu’à leurs conséquences sur un organisme, souvent moins prompt à se défendre.

Avant le départ il est capital de souscrire de “bons” contrats d’annulation, d’assistance et d’assurance.

Comme tous les voyageurs, il veillera à la validité de ses vaccinations anciennes. Au delà de 60 ans, la primo vaccination contre la fièvre jaune peut présenter certains risques de complications, et là où elle est habituellement conseillée sans être obligatoire, il est préférable de ne pas la faire, et de demander au voyageur de redoubler d'attention quant à la protection contre les piqûres de moustiques.

Un voyageur senior sans maladie préexistante n’aura pas à prendre de précautions plus importantes que ses cadets sauf, devoir penser en permanence à se réhydrater lors d’activités fatigantes par grandes chaleurs. Sans vouloir le protéger excessivement (ce qui l’irriterait sans doute), on pourra lui recommander, en cas de fortes chaleurs, la sieste, le port d’un chapeau et boire, boire, boire...

Par contre, celui qui est suivi pour une maladie chronique (mais cela vaut autant pour le voyageur plus jeune), devra consulter son médecin afin d’évaluer les risques encourus. Il devra être en possession d’un rapport médical suffisamment explicite (si possible rédigé en anglais) et de tous ses médicaments prévus largement et répartis, pendant le vol, entre bagages de cabine et de soute.

Son cas rejoint celui de tous les “malades” qui voyagent, indépendamment de leur âge. Nous n’en avons pas parlé, car ils relèvent de la compétence du spécialiste qui les suit. Il faut savoir, qu’aujourd’hui ils sont de plus en plus nombreux à voyager, qu’ils soient cardiaques, insuffisants respiratoires, diabétiques ou handicapés, voire cancéreux ou séropositifs au VIH sous traitements. Leur affection pourra ne pas être un obstacle au voyage, à la condition qu’ils suivent les conseils adaptés à leur cas et qu’ils connaissent, ce qui est plus souvent le cas que le voyageur en bonne santé, leurs propres limites.

Le bénéfice qu’ils pourront en retirer va, aujourd’hui, jusqu’à faire évoquer l’amélioration par le voyage de la santé de certains grands malades chroniques.